Oran - A la une

Pagaille chez le wali d'Oran



Et dire qu'il s'agissait d'une réception dans une résidence d'Etat ! Organisée en l'honneur des récents champions d'Afrique avec l'équipe nationale, Youcef Belaïli et Baghdad Bounedjah, cette réception aura été un immense fiasco, ressemblant davantage à du "grand n'importe quoi" qu'à une quelconque cérémonie solennelle. Que ce soit dans la forme ou dans le fond, les organisateurs ont failli. Programmé à 16h, ce gala n'a débuté que vers 18h, soit deux heures plus tard, dans une cacophonie générale qui obligera même le maître des lieux, le wali d'Oran, Mouloud Cherifi, à interrompre son discours pour appeler les présents à "un minimum de respect et de silence" !Il y avait (forcément) de quoi, au milieu de cet immense et doublement pénalisant brouhaha créé par les dizaines de jeunes, moins jeunes et enfants présents, "infiltrés" clandestinement par les habituels canaux que le copinage étatique affectionne tellement. Conviés à couvrir l'évènement, les journalistes et représentants des divers organes de presse présents ne pourront, au final, que constater avec stupéfaction le ridicule ballet des responsables de ladite résidence d'Etat pour permettre à leurs proches, amis, voisins, filles et fils, de prendre des photos avec Belaïli et Bounedjah au moment de leur arrivée.
Cela avant que les deux champions d'Afrique ne soient "confisqués" par le wali et l'ENTV dans un salon feutré, loin des regards, pour un "entretien exclusif" au mépris des élémentaires règles de déontologie, d'éthique et de savoir-faire. Invité de marque en tant que vainqueur de la CAN 1990, le patron du MCO, Si Tahar Cherif El-Ouazzani, assis à une table aux côtés du président de l'ASMO, Merouane Baghor, n'a, du reste, pas eu droit au moindre égard, alors qu'il demeure à ce jour l'un des quatre seuls champions d'Afrique qu'Oran ait enfantés avec Ali Benhalima (établi en Espagne), Youcef Belaïli et Baghdad Bounedjah.
Il aura fallu une intervention du directeur de la jeunesse et des sports, Gharbi Badreddine, pour que cette bizarrerie soit réparée et que Cherif El-Ouazzani trouve une place sur l'estrade. Les deux burnous offerts (en pleine canicule), le discours chahuté du wali et l'incompréhensible pagaille générale qui régnait en maîtresse absolue ne feront, par la suite, qu'allonger à l'infini la liste des absurdités.
Que dire alors de cette exfiltration des deux "stars" avec bodyguards en costards-lunettes et éléments de la BRI pour les embarquer, avec le wali, dans un fourgon afin de les conduire vers le jardin adjacent où une foule nombreuse les attendait pour un accueil populaire tout aussi très mal organisé. Oublié à la porte de la résidence d'Etat, seul au beau milieu de ce cortège de voitures officielles démarrant au quart de tour, le maire de la ville, Noureddine Boukhatem, qu'aucun véhicule n'a "voulu" embarquer, constatait, en faisant les cent pas, les conséquences de ce populisme instauré en mode d'emploi.

R. B.
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