Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, présente aujourd'hui le plan d'action
pour la mise en oeuvre du programme du Président devant les députés. Ce plan
tente dans une première lecture de renforcer une politique protectionniste de
l'économie nationale. Crise mondiale aidant, cette politique favorise le
patriotisme économique que le chef de l'exécutif a étayé à travers une litanie
de directives contenues dans la mouture passée au crible devant le Conseil des
ministres en date du 12 du mois en cours.
Au chapitre politique, ce plan d'action, indique le communiqué sanctionnant
le Conseil des ministres, « présente d'abord la démarche pour la consolidation
de la paix et de la réconciliation nationale, le raffermissement de l'unité
nationale, la promotion des libertés démocratiques, des droits de l'homme, de
la liberté de la presse, ainsi que de l'égalité constitutionnelle entre les
hommes et les femmes. Il expose également les mesures destinées au renforcement
de l'Etat de droit et de la bonne gouvernance, à travers la poursuite de la
réforme de la justice, la modernisation de l'administration publique, la
réforme des collectivités locales, ainsi que l'amélioration de la gestion du
territoire, du cadre urbain et de l'environnement».
Le document poursuit que plusieurs actions ont été initiées de manière «à
améliorer l'environnement économique, grâce à la modernisation du système
financier, y compris pour l'accès au crédit, le développement de l'offre
foncière pour l'investissement, le renforcement des infrastructures de base,
ainsi que la modernisation des mécanismes de régulation et de lutte contre les
fraudes». Il expose, en outre, «la démarche de développement et de
diversification de l'économie nationale qui s'appuiera sur le programme
quinquennal d'investissements publics à hauteur de l'équivalent de 150
milliards de dollars, offrant un plan de charge exceptionnel aux opérateurs, et
qui tirera également profit de l'amélioration de l'environnement de l'activité
au bénéfice des investisseurs, devant aboutir notamment à la création de
200.000 nouvelles petites et moyennes entreprises durant les cinq années». Il
est également énoncé que «cet engagement dans le domaine économique sera
accompagné de mesures incitatives dans de nombreux secteurs d'activité».
Le volet social est pris en charge à travers un certain nombre de mesures
telles que «la croissance et la diversification économiques qui contribueront à
la lutte contre le chômage». A cet effet, le plan prévoit la mise en place «de
mesures spécifiques de formation, recyclage et soutien aux micro-crédits pour
les personnes sans emploi et notamment les jeunes». Ainsi, il est attendu, note
le communiqué, «la création de trois millions de nouveaux emplois durant les
cinq prochaines années». Le texte précise que le programme a pour démarche de
«poursuivre le développement humain dans ses diverses dimensions, dont la
livraison d'un million de nouveaux logements durant les cinq années, la
couverture des besoins sociaux de la population et l'amélioration des
prestations, notamment dans les domaines de la santé et de la protection sociale,
de l'éducation, de l'enseignement supérieur, de la formation, de la culture,
ainsi que de la jeunesse et des sports».
Le président de la République, intervenant à la suite de l'adoption du
plan d'action du gouvernement, a rappelé que «la confiance placée par le peuple
dans le programme auquel il a démocratiquement accordé sa majorité le 9 avril
dernier, est l'expression d'espoirs et d'attentes auxquels des réponses doivent
impérativement être apportées. C'est là un objectif à la portée de notre pays,
au regard des étapes déjà franchies dans la reconstruction nationale et des
moyens dont nous disposons. Mais cela exige surtout une mobilisation et un
engagement exemplaires du gouvernement ainsi que de l'ensemble des cadres et
agents de l'Etat». En ajoutant que «j'attends du gouvernement qu'il soumette un
échéancier détaillé pour la mise en oeuvre des différentes actions consignées
dans le Plan d'action. Cela nous permettra de veiller à prévenir et à rectifier
à temps tout retard constaté.
Je tiens également à souligner que chaque membre du gouvernement devra
assumer ses responsabilités et rendre compte de l'exécution du programme dans
son secteur, qu'il s'agisse des actions de réformes et de modernisation, de
l'amélioration du service public, de la lutte contre l'atteinte à la loi, y
compris dans le champ économique, ou qu'il s'agisse de la prise en charge des
différents volets du développement social. Nos délibérations futures nous
permettrons d'y veiller régulièrement et de près». Selon les rédacteurs du
communiqué, «le chef de l'Etat a instruit le gouvernement de préparer
activement le projet de programme d'investissements publics pour la période
2010 à 2014. Ce programme devra mobiliser rationnellement les ressources
destinées à inciter le développement et la diversification de l'économie, à
garantir la poursuite du développement social en veillant à la résorption des
retards dans certaines contrées du pays, et à assurer enfin la pérennité de la
politique nationale de justice sociale et de solidarité».
En poursuivant qu'«il a également chargé le gouvernement de préparer, à
travers le dialogue social et la finalisation des textes découlant du nouveau
statut général de la Fonction publique, les mesures qui seront décidées en
matière d'amélioration du pouvoir d'achat des travailleurs, et dont les crédits
requis devront être mobilisés dans la prochaine loi des finances».
L'amélioration du climat des affaires, la lutte contre la fraude et l'évasion
fiscale et la lutte contre la corruption et le blanchiment d'argent sont autant
de chantiers de ce nouveau quinquennat.
Pour sa part, Ouyahia a certainement préparé son exposé des motifs
concernant ses fameuses instructions en matière d'investissement et de commerce
extérieur. Celles-ci ont fait couler beaucoup d'encre. Celle relative aux
importations qui oblige l'importateur étranger à s'associer à un partenaire
local pour pouvoir continuer à exercer son activité à raison de 30% du capital,
a été au centre d'une polémique, voire une cacophonie, notamment après le
cafouillage né des déclarations contradictoires des ministres des Finances et
du Commerce, respectivement Karim Djoudi et El-Hachemi Djaâboub, sur le
caractère rétroactif de la mesure. Le Premier ministre, connu pour être à
l'origine d'instructions faisant foi de lois en différentes périodes où il a eu
à exercer ses hautes fonctions à la tête de l'exécutif, a sûrement préparé sa
riposte à ce sujet.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : M R
Source : www.lequotidien-oran.com