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Ouyahia, le retour



Ouyahia, le retour
Ouyahia est de retour à la tête du Rassemblement national démocratique (RND), son parti qu'il a dirigé depuis 1999 après avoir été pratiquement poussé à la démission de son poste en janvier 2013 suite au mouvement de redressement initié alors par Yahia Guidoum. Un retour pressenti depuis quelques mois déjà et attendu après le désaveu presque public de Bensalah, incapable, selon les analystes, de redonner au parti son aura d'avant. Ouyahia donc revient par la grande porte, redevenant, depuis hier, le secrétaire général du RND, même par intérim, en attendant sa consécration finale lors du Congrès électif à la rentrée sociale. Ce retour aux affaires convoque plusieurs interrogations dont les plus importantes tournent évidemment autour de la succession ouverte à Bouteflika. Certaines lectures voient dans ce retour en grâce du commis de l'Etat un prélude au grand chantier qui s'annonce crucial pour l'avenir du pays. Ouyahia qui n'a jamais réellement quitté les arcanes du pouvoir, nommé peu de temps après son départ du RND comme ministre d'Etat, directeur de cabinet de la Présidence, figure parmi les outsiders pressentis pour la course à El Mouradia. Ouyahia, dont le nom revient avec insistance comme le favori d'un clan du pouvoir pour être le futur chef de l'Etat, a déjà été au centre des événements lorsqu'il a été appelé à mener les consultations sur le projet de la révision de la Constitution. Une nomination qui avait également suscité des questionnements sur le choix de l'homme et sur sa véritable mission. Ce retour de l'ancien chef du gouvernement tout autant que la confirmation de Saadani à la tête du FLN illustrent bien les épreuves de force qui affectent le plus haut degré de la pyramide décisionnelle. Il n'est un secret pour personne que la nomination d'un nom ou sa destitution de la tête des deux partis-Etats répond à une logique de force qui met en scène les différents courants qui traversent le pouvoir. On évoque tour à tour l'Armée, les Services ou encore l'Oligarchie, et chaque soubresaut d'en haut se répercute indéniablement sur la rue. La succession de Bouteflika reste pour le moment l'enjeu de l'heure et force est de croire que tous les acteurs pesant sur le destin de l'Algérie préféreront une fin de règne en douceur à travers la cooptation d'un homme de consensus. Et c'est là où intervient la gestion de Ouyahia qui a eu à rencontrer lors de ces fameuses consultations sur le projet de la révision de la Constitution, El Hachemi Sahnouni, l'un des fondateurs et dirigeants historiques du Front islamique du salut (FIS) dissous ainsi que Madani Mezrag, l'ex-émir de l'Armée islamique du salut (AIS). Les spéculateurs y verront peut-être l'amorce d'une prise de contact avec toutes les parties influentes en Algérie. Mais, vu comment la politique nationale fonctionne, rien n'est plus sûr.


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