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Ouyahia dans le vif du sujet



Ouyahia dans le vif du sujet
Ce déplacement est le premier du genre depuis son retour à la tête de l'ExécutifLe Premier ministre, qui a bousculé les esprits avec sa franchise sur la réalité économique du pays, devra convaincre et rassurer les citoyens sur le terrain.
La machine Ouyahia se met en branle. Le Premier ministre se rendra aujourd'hui dans la capitale de l'Ouest pour une visite d'inspection. Ce déplacement est le premier du genre depuis son retour à la tête de l'Exécutif le 15 août dernier. Il faut dire, au passage, que Ahmed Ouyahia n'a jamais été un adepte des visites à l'intérieur du pays dans le cadre de ses fonctions gouvernementales. Il réserve ce genre de déplacements à ses activités partisanes. De fait, le séjour oranais de Ouyahia est en soi un événement et suscite déjà l'intérêt des observateurs de la scène nationale.
Le choix d'Oran, l'un des pôles économiques les plus dynamiques du pays, et la nature de l'activité, à savoir la réception d'un méthanier dans le port pétrolier d'Arzew, appelle quelques messages on ne peut plus précis. En effet, l'importante acquisition de la Sonatrach ouvre des perspectives florissantes pour le gaz liquéfié algérien et garantit une «intégration» susceptible de réduire considérablement les coûts d'exploitation et de transport. Il y a là un message d'espoir sur les capacités de redeploiement de l'économie nationale à plus ou moins court terme. L'on s'attend à quelques annonces importantes du Premier ministre, dans les hydrocarbures, histoire de faire ressortir la résilience d'un secteur qui peut encore beaucoup apporter aux finances du pays. Il reste, d'un autre côté, que cette visite intervient dans une conjoncture économique marquée par la persistance de la baisse des prix du baril du pétrole, la chute des réserves de change et l'épuisement du Fonds de régulation des recettes. Après les vérités «amères» sur l'état des finances publiques, le Premier ministre sera à Oran en mission de mobilisation des forces vives de la nation. Il a choisi Oran, car la wilaya répond au critère de l'émergence. Avec un taux de chômage le plus bas du pays et une dynamique industrielle remarquable dans la mécanique, la sidérurgie et dans la pétrochimie, la capitale de l'Ouest est, sans doute «le phare» de l'économie nationale. Cela dit, les défis demeurent nombreux, même si le Premier ministre, soutient que le pays a dépassé la crise de financement de l'économie. Le gouvernement est attendu sur le front social avec un taux d'inflation de plus en plus difficile à maîtriser, et sur le flanc syndical où des mouvements de grève sont annoncés dans plusieurs secteurs. Après les professionnels de la santé, les cheminots ont lancé un SOS aux pouvoirs publics. L'éducation et les autres secteurs ne sont pas en reste. Face à un climat tendu, le gouvernement est appelé donc à réagir pour dissiper les nuages. En prenant ses fonctions au Palais du docteur Saâdane, le Premier ministre était spécifiquement missionné pour préserver la paix sociale. Conscient des tensions qui peuvent s'exacerber, il s'emploiera à déminer le parcours de l'Exécutif, dont les premiers signes de défiance sont visibles du côté du square Port Saïd, où le dinar est malmené par les devises étrangères. Le temps donnera peut-être raison à Ouyahia, mais en attendant, l'Exécutif doit oeuvrer pour éviter une exploitation de la rumeur, jusqu'à nuire aux intérêts du pays. Ouyahia a déjà entrepris son travail de communicateur politique et sa visite à Oran lui donnera l'occasion de revenir sur les rumeurs les plus folles et les analyses catastrophistes qui circulent sur les réseaux sociaux. A travers cette sortie médiatique, le chef de l'Exécutif tentera de rassurer les citoyens sur les choix politiques adoptés, entre autres le recours au financement non-conventionnel. Lors de sa réponse aux préoccupations des sénateurs, le Premier ministre a été très rassurant sur le remboursement des dettes de la CNR, il a annoncé que «face aux graves difficultés financières du système de retraite, le gouvernement a arrêté des mesures qui seront introduites dans la loi de finances 2018». Parmi ces mesures, il a expliqué qu'après l'adoption de la nouvelle loi sur la monnaie et le crédit, une ligne spéciale de crédit sera ouverte en faveur de la Caisse nationale des retraites (CNR), autrement dit, «le gouvernement inscrira 500 milliards DA à verser à la Cnas pour lui rembourser une partie des montants qu'elle a prêtés à la CNR». Le Premier ministre a également affirmé qu'un impôt sur la fortune sera institué dans l'avant-projet de loi de finances 2018. Il a fait savoir que 90% des Algériens ne seront pas concernés par cet impôt. Ahmed Ouyahia a assuré que le gouvernement n'envisage pas d'imposer une taxe pour les Algériens qui se rendent à l'étranger. Tout en tenant un discours franc sur la réalité du pays, le gouvernement doit également se montrer rassurant pour sauvegarder la paix sociale.
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