48 heures de campagne électorale à Oran et la réaction la plus répandue dans les rues est sans équivoque : 'Quel vote ' Il y a un vote '"
C'est sur ce constat amer d'un désintéressement chronique des Oranais et des potentiels électeurs pour les prochaines élections locales que le coup d'envoi officiel de cette campagne a été donné. Plus révélateur encore, dans les rues et sur les murs, les passants trouvent encore les affiches à moitié déchirées du précédent scrutin ainsi que les graffitis des sigles des partis avec le numéro qui leur avait été attribué. Plus compliqué aussi de trouver les sièges des partis en lice et d'avoir à sa disposition les programmes des différentes manifestations et meetings. Alors, de là à parler de programme électoral et de propositions... Ce manque d'engouement au sein même des candidats et de leurs partis ne fait que rajouter au sentiment fort de 'divorce patent" entre des prétendants à la gestion des affaires locales, la population et la chose politique. Partout à Oran, les citoyens sont attachés à supporter leur quotidien, fait de stress, de débrouille, de désespérance et d'épuisement psychique : 'Cela fait trois fois que je viens à l'APC sans obtenir mon imprimé pour un certificat de vie que je dois donner en urgence à ma caisse de retraite", nous dit une retraitée, fatiguée. 'à chaque fois, j'attends debout pendant une heure et on me dit après qu'il n'y a plus d'imprimés. Ils ne veulent pas travailler, ils se moquent des petites gens", se lamente celle-ci, et du coup on n'ose même pas s'enquérir auprès d'elle si elle ira voter le 29 novembre. Jeunes et moins jeunes électeurs en puissance nous renvoient tous à ce quotidien dur qu'ils opposent aux candidats : 'Qu'est-ce qu'ils ont fait pour nous ' Des promesses depuis des années et au final rien. Le logement, le travail, la propreté, on attend encore. Le simple citoyen n'a aucun droit et quand on va réclamer on nous envoie la police", lâche un chômeur qui joue à cache-cache avec les policiers pour installer son étal informel. C'est un condensé du sentiment communément partagé par les Oranais lorsqu'on évoque l'enjeu des élections locales. En face, les candidats et partis ont du mal à trouver le bon ton, le mot juste et surtout à faire passer de la conviction. En aparté, ils disent sans se rendre compte de la contradiction : 'Nous n'avons pas les moyens d'agir, c'est l'administration qui décide de tout dans la gestion des communes." Au siège de la commission de surveillance de wilaya, l'ambiance est terne, la liste de l'ensemble des partis en lice pour les communes et l'APW n'est toujours pas disponible, la direction de la réglementation de l'administration générale n'ayant toujours pas envoyé ce document. Néanmoins, on apprendra que la commune d'Oran verra 11 partis s'opposer quant à l'enjeu de l'APW, et ce sont 15 partis qui sont dans la course, soit en tout 7000 candidats à l'échelle de la wilaya, dont 5149 pour le renouvellement des APC. Premier enseignement, les indépendants sont totalement absents de cette joute électorale locale, sauf pour une commune.
D. L
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : D LOUKIL
Source : www.liberte-algerie.com