Oran - Revue de Presse

Ouled Boudjemâa: Un douar livré à lui-même



Ouled Boudjemâa est un faubourg de Béni Saf, situé à l'entrée Est en allant vers Aïn Témouchent. Avec l'avènement de l'implantation de la cimenterie, cette ex-ferme a pris une autre dimension urbaine. Plusieurs nouvelles habitations y ont pris forme autour du douar. Aujourd'hui, un peu comme 200 familles y résident dans ce bourg où l'on y trouve des fonctionnaires, des fellahs, des commerçants et même des marins-pêcheurs. Pourtant organisés autour de deux associations à caractère social, ces habitants sont confrontés quotidiennement à de sérieux soucis. Un membre est venu nous remettre des lettres dans lesquelles l'association du douar dénonce, à travers quelques épines, cette mal-vie. Le douar est longé par une route qui quotidiennement, de jour comme de nuit, est empruntée par en moyenne 500 camions poids lourds venant à la cimenterie pour charger le ciment. Cette chaussée est aujourd'hui considérablement dégradée au point où ces engins l'évitent de peur de casser les amortisseurs ou éclater leurs pneus. La plupart vont faire le détour par le rond-point principal (près du cimetière Sidi Sohbi) transportant par la même occasion le danger de ce côté-là. «Ce ne sont pas des nids-de-poule mais des pas d'éléphant», affirme un douari, tout en colère. Pareillement les chauffeurs de Karsan desservant la ligne Béni Safi - Sidi Safi, qui ont eux aussi mis un trait sur cette voie, contournent le village par le CW 10. Les habitants sont ainsi déposés ou ramassés aujourd'hui sur ce chemin avec tous les dangers auxquels ils s'exposent. Ne sachant à quel saint se vouer, les habitants, par le biais de leur association, ont récemment écrit une lettre au directeur de la cimenterie de Béni Saf, lui demandant de faire un geste et de prendre en charge cette chaussée, qui présente aujourd'hui un danger réel pour tout l'environnement (piétons, habitations, transporteurs), ainsi que son électrification. Cependant, les problèmes des douaris ne s'arrêtent pas là. L'autre désagrément qui appelle à l'urgence, c'est le collecteur principal des eaux usées de tout le village qui dégouline dans la nature, à quelques mètres de la chaussée. Les odeurs nauséabondes empoisonnent la vie des villageois. Encore que cette situation perdure depuis plusieurs années, dira M.M.. «Chaque été, on étouffe dans nos maisons où il est impossible d'ouvrir les fenêtres, sans parler encore des moustiques», ajoute cet interlocuteur. Dans une autre correspondance, signée conjointement par trois associations, notamment celle des parents d'élèves, et adressée aux responsables concernés, les représentants s'indignent devant une décision qui a touché l'école primaire du douar. Les auteurs de la lettre parlent d'un projet de construction d'une autre école primaire dans leur douar détourné au profit d'un autre quartier. «Il aurait été plus juste de retenir au moins une extension de l'actuelle école et de ne pas pénaliser les enfants». Dans cette lettre, ils font noter que les 140 enfants scolarisés dans cette école, répartis en 6 groupes, sont obligés de se succéder tour à tour dans 4 classes. «La seule école qui pratique encore le vacation», ajoutera cet habitant. Alors que les uns sont en classe, d'autres attendent dans un préau dans la froid et la poussière pour pouvoir occuper par la suite la même classe. Ce roulement oblige parfois les enfants à rester jusqu'à 17h30 pour terminer le programme journalier. Comment faire, en septembre prochain, quand de nouveaux résidents vont rejoindre leurs logements, en phase d'achèvement, et que le nombre de nouveaux élèves sera encore plus important ? Toute la question est là.
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