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Ou va le raï 'A bâtons rompus avec hadj miliani



Ou va le raï 'A bâtons rompus avec hadj miliani
Hadj Miliani est un intellectuel, né à Oran, en 1951. Membre d'une troupe de théâtre amateur et animateur du ciné-populaire pendant 15 ans, il était, parallèlement, membre permanent du comité de rédaction de la revue Voix Multiples (1981-1986). Syndicaliste universitaire, directeur de recherche associé au CRASC, président du conseil scientifique de la faculté des lettres et des arts de l'Université de Mostaganem, il est membre du réseau AUF sur la diversité culturelle et commissaire du festival national du cinéma et du raï. Il a publié, entre autres, « L'aventure du raï », « Musique et société » (Paris), « Sociétaires de l'émotion », Dar El Gharb (2005). Interrogé sur la réalité du raï, il dira : « Cela fait bien plusieurs décennies que le genre agite les gazettes, donne du prurit à certains, alimente les polémiques et suscite tout autant les éloges les plus ronflants que les pires blâmes. Pour un genre dont certains prédisent la disparition chaque année, il faut reconnaître qu'il a l'air plutôt résistant. Je crois que, comme les marques génériques, le raï occupe plusieurs positions. Il sert de repoussoir pour tous les bien-pensants : les élites autoproclamées, les bigots et d'autres sans doute. Il demeure une machine à faire du fric pour certains et il est un vrai espace d'inspiration pour les artistes et de sublimation pour ceux qui l'écoutent ».Les différents festivals du raï ont-ils répondu à vos attentes '
Oui et non en même temps. Oui, parce que cela a permis de voir émerger de nouvelles voix et de réécouter certains fondateurs du genre comme Benfissa, Bellemou ou Bouteldja. Non, parce que j'aurais souhaité davantage la programmation de milliers de chanteurs. Malheureusement, on voit toujours les mêmes défiler à longueur de festivals. Sans doute, un problème de moyens ou de largeur d'esprit. Il faut que l'on cesse de croire qu'un festival, c'est une liste de stars qu'on aligne. Dès lors, à condition d'avoir un budget conséquent, on peut établir le même programme sur les cinq ans à venir en mettant à l'affiche à chaque fois les mêmes noms. Bien entendu, il faut mettre des locomotives, mais il faut savoir renouveler l'intérêt du public.
L'idée d'un raï-révolution a-t-elle fait son temps au profit d'un raï animation '
Disons plutôt que c'est le passage d'un raï d'instinct et de tripes à un raï festif et industriel. Les époques changent, leurs exigences aussi. Il faut s'adapter à tout et que toutes les musiques d'Algérie puissent avoir les moyens de fleurir encore et plus !
A propos de Khaled, y a-t-il une régression du raï par rapport à ce qu'on lui connaissait jusque-là '
Les puristes vous diront qu'il n'est plus lui-même, les plus jeunes sont accros aux derniers tubes de saison et les autres continueront à penser que c'est une musique de dépravés. Tout est affaire de perspective et d'horizon d'attente. Moi, qui observe cela depuis des années, je peux dire que le raï est un substrat culturel stable qui s'accommode des variations et des airs du temps qui passe sans exclusive.
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