Laborieuse est le terme qui pourrait qualifier la nouvelle procédure de
demande des passeports biométriques lancée le 4 avril dernier.
Outre la lourdeur du dossier à fournir qui est composé de 13 documents,
dont certains exigent une demande et un dossier à part pour leur obtention,
d'autres «couacs», notamment d'ordre organisationnel, sont venus se greffer à
la procédure déjà fort pénible. A Oran, par exemple, ce n'est qu'à partir de
jeudi dernier que les services des impôts ont commencé à délivrer la fameuse
quittance de 2.000 dinars, jusque-là indisponible au niveau des recettes des
impôts. Avant ce dénouement, les demandeurs n'avaient pas d'autres choix que de
se diriger vers d'autres wilayas limitrophes comme Sidi Bel-Abbès, entre
autres, pour s'acquitter de cette redevance indispensable pour la conformité du
dossier. Autre difficulté, et non des moindres, celle relative à la demande de
l'extrait de naissance 12 S au niveau du service d'état civil de la commune de
naissance. Cet extrait de naissance est conçu spécialement pour l'obtention du
passeport et de la carte nationale biométriques. Il est délivré par le service
d'état civil de la commune mère du demandeur. Avant leur attribution, les «12 S» doivent
être signés par le maire et ne sont remis qu'à l'intéressé lui-même. Il
faudrait se réveiller très tôt pour pouvoir déposer sa demande du «12 S» et ne
pas devoir passer toute la journée devant le seul guichet consacré aux dépôts,
au niveau de l'état civil de la commune d'Oran. Un rendez-vous vous est dès
lors donné pour revenir après une semaine et procéder au retrait du document
vert. Il faut espérer toutefois qu'aucune erreur n'y est présente, faute de
quoi c'est une autre galère qui s'annonce, comme l'a si bien exprimé hier un
demandeur oranais qui s'est vu délivré un «12 S» avec la mention «célibataire»
alors qu'il est déjà marié et père de deux enfants. L'importance du «12 S»
reste primordiale pour la suite de la procédure, car sans ce document, le
demandeur ne peut en aucune manière recevoir l'imprimé de demande qu'il doit
par la suite remplir et joindre au reste des documents du dossier.
A noter que le dossier du
passeport biométrique comprend les pièces suivantes : le nouveau formulaire de
demandes d'établissement de documents d'identité biométriques composé de 10
pages qui a remplacé l'ancien carton vert et qui peut être téléchargé à partir
du site du ministère de l'Intérieur, le fameux extrait de naissance «12 S»,
extrait de naissance du père et de la mère, certificat de résidence, fiche
individuelle ou familiale pour les mariés, attestation de travail ou certificat
de scolarité pour les étudiants, carte de groupage sanguin, 4 photos 45 mm sur
35 mm sur fond blanc, autorisation paternelle pour les mineurs et un timbre
fiscal de 2.000 dinars. A noter aussi que selon la nouvelle procédure, les
enfants doivent avoir leurs propres passeports biométriques. Même un bébé de
deux jours doit avoir son propre passeport.
Une fois le dossier complété,
l'intéressé doit contacter les services de la daïra pour prendre rendez-vous
afin de déposer son dossier. Un numéro vert, le 041-39-00 00, a été mis en
service à cet effet.
Une fois au service biométrique
de la daïra, l'intéressé doit passer par le circuit biométrique: accueil,
vérification, saisie et certification, enrôlement et validation. Les agents
spécialisés vont scanner sa photo, sa signature et son extrait de naissance
«12S», son dossier va être transmis à une autre salle pour la saisie et la
certification. L'intéressé se rendra ensuite au niveau du service de
l'enrôlement des empreintes. Pour les besoins de l'opération, la Gendarmerie
nationale a mis à la disposition des daïras-pilotes son matériel permettant le
traitement et l'enregistrement des empreintes digitales en attendant que le
ministère de l'Intérieur et des Collectivités locales acquière quelque 800
appareils dans les prochaines semaines. A la fin, un récépissé remis à
l'intéressé marque la finalisation de cette procédure. Après, c'est l'attente. De
combien exactement ? Personne ne peut y répondre au niveau des services de
daïra. Car les dossiers, une fois ce cap atteint, sont traités au niveau central.
Pour les personnes pressées, il est possible d'avoir un passeport ordinaire
(ancien modèle) mais en appliquant la procédure biométrique. Dès que le
passeport biométrique arrive à la daïra, le demandeur est contacté pour
procéder au retrait.
Pour rappel, l'opération des
demandes de passeports biométriques a été officiellement lancée, le 4 avril
dernier, au niveau de 64 daïras et 4 consulats sélectionnés par le ministère de
l'Intérieur et des Collectivités locales. S'inscrivant dans le cadre de la modernisation
des pièces d'identité, leur sécurisation contre la fraude, l'usurpation
d'identité, le terrorisme et le crime organisé, elle répond aux normes de
l'Organisation mondiale de l'aviation civile (OACI) et de l'Union européenne
(UE) qui exigent l'introduction des empreintes digitales et des photos
d'identité numérisées dans les documents de voyage. Il s'agit là aussi d'un
premier pas vers «l'introduction à l'administration électronique», avait
déclaré à ce propos le ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales,
Noureddine Yazid Zerhouni, non sans faire remarquer que l'introduction du
passeport biométrique «protégera le citoyen de la falsification, de l'imitation
et de l'usurpation d'identité» et «rendra l'escroquerie tout à fait
impossible».
Le nouveau passeport se présente
ainsi comme un document difficilement falsifiable pour ne pas dire
infalsifiable car doté d'une puce «inviolable» contenant la photographie,
l'identité, la nationalité, les caractéristiques physiques et l'adresse du
titulaire. Il contient également les empreintes digitales du détenteur. Grâce à
ces fonctionnalités, on peut facilement identifier une personne.
Selon le ministère de l'Intérieur
et des Collectivités locales, il sera question de délivrer 5 millions de
passeports biométriques dans les cinq prochaines années, à raison d'un million
par an. Les passeports sous leur forme actuelle continueront à être délivrés
jusqu'au 24 novembre prochain. A partir du 25 novembre 2010, toutes les daïras
ainsi que les consulats d'Algérie, qui seront dotés entre-temps d'appareils de
traitement d'empreintes digitales, délivreront exclusivement des passeports
biométriques. L'introduction des passeports biométriques ne veut pas dire que
les documents de voyage utilisés jusque-là ne sont plus valables. Ceux-ci
pourront toujours être utilisés pour peu qu'ils soient en cours de validité.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Houari Barti
Source : www.lequotidien-oran.com