Oran - Revue de Presse

Oranitudes



Le Sheraton festival du film arabe Oui, par (amère) dérision, on pourrait appeler ainsi le Festival international du film arabe qui vient d’être clôturé d’ailleurs à l’hôtel Sheraton où il avait été inauguré, le 28 juillet dernier. Mais, de plus, qui s’en soucie? Dans les grandes envolées messianiques, du haut de la tribune, lors de l’ouverture du festival, on ne tarissait pas de prophétie culturelle et de mots séducteurs adressés à Oran, comme à une diva en état de charme. Mais on baignait dans la fiction et ceux qui ont l’habitude de se distribuer des bons points n’y verront que du feu, grisés par les vapeurs de l’autosatisfaction. Pourtant, la réalité est là et les choses étaient clairement prévisibles, dans la conception de ce festival. Si l’on excepte la minorité de cinéphiles que nous sommes et qui ont occupé ce refuge, cette bulle d’one ou d’oxygène –comme on voudra– qu’est la salle de la cinémathèque, pour l’écrasante majorité de la population, il n’y a pas eu de festival du film arabe. Evidemment, la cause était entendue d’avance parce qu’on n’efface pas, d’un coup de baguette magique, la lente agonie du cinéma à Oran, et ailleurs, entamée depuis des décennies. Une seule salle ouverte, celle de la cinémathèque, et donc plus de public du tout. Il y a plusieurs générations qui ne savent pas ce qu’est un cinéma, un film en 35mm. Il faut être dupe pour oublier cette réalité et débarquer subitement, un beau jour, en croyant apporter la lumière qui manquait. Et même si l’on se laisse séduire et croire en l’innocence et la générosité de cette intention, on est vite cruellement déçu par la vérité des faits: la non inscription de ce festival dans la ville qui, pourtant, regorge non seulement de ses habitants mais des estivants nationaux et émigrés. Une ville, faut-il aussi le relever, dont les artères sont abandonnées à la saleté et à l’anarchie de la circulation automobile, ce qui fait peine à voir, eu égard aux villes de nos voisins maghrébins qui nous ont fait découvrir leur cinéma. Enfin, ceux qui ont fait le déplacement vers les écrans ont, tout de même, pu découvrir des films de pays arabes, d’un cru récent. Il paraît qu’il y aura, l’an prochain, une seconde édition du festival à Oran. A Oran ou au Sheraton?…   Brahim Hadj Slimane
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