
D'un point de vue urbanistique, quelle a été l'évolution de l'Oran post-indépendance ' Comment l'extension d'El Bahia s'est-elle accomplie ces 50 dernières années ' Pour nombre d'urbanistes et d'architectes, les points de vue sont mitigés.Pour beaucoup en tout cas, ce qu'il y a à relever dans l'évolution urbaine d'Oran, c'est que cette grande ville de l'ouest s'est étendue, non pas dans une logique de continuité, mais plutôt dans la rupture.Il faut savoir que les rapports entre les pouvoirs publics et l'Oran patrimoniale ont toujours été, pour le moins, alambiqués. Oran, contrairement à Alger, Tlemcen, ou Constantine, ne possède pas, dans son patrimoine, un cachet proprement «arabo-islamique». Aussi, pour beaucoup, notamment chez les conservateurs, cette ville est considérée comme bâtarde, et son patrimoine ne mérite pas d'être pris en compte. Ce qui expliquerait sans doute les raisons pour lesquelles le vieil-Oran, à Sidi El Houari, se détériore année après année, sans que les pouvoirs publics ne se décident à le restaurer «dans les règles de l'art».Pour le nouvel-Oran, celui qui s'étend à l'est de la ville, son architecture est aux antipodes de celle qu'on retrouve au centre-ville. «Quand on ne connaît pas le passé d'une ville, on ne peut jamais planifier son avenir de manière cohérence», nous explique une chercheure sur les enjeux patrimoniaux, qui ajoute : «A titre d'exemple, si on prend l'université Belgaïd, réceptionnée en 2010, il ne s'agit que d'un prototype de toutes les autres universités algériennes construites ces 5 dernières années.» Pareil pour ce qui est des nouvelles villes : «si on va à la nouvelle ville de Constantine, on se croirait à Haï Sabah ou Haï Nour (ndlr : de nouveaux quartiers à Oran-est)». Là est effectivement la grandeproblématique : la crise du logement ayant pris de court les pouvoirs publics durant les années 80', ces derniers se sont attelés à planifier la construction de logements «standardisés à l'extrême», avec des bureaux d'études identiques.Aussi, quand on voyage à l'intérieur du pays, à mesure qu'on visite les wilayas, on a une impression de «déjà-vu» tant les extensions urbaines se ressemblent. «Même les villes du Sud, leur extension a tendance à se standardiser», déplore un autre urbaniste. Le problème ne concerne donc pas que la ville d'Oran, mais l'ensemble des villes algériennes».Aussi, pour le nouvel Oran, si on excepte les rares constructions dont l'architecture sort plus ou moins de l'ordinaire, à l'image de l'hôtel Sheraton, du Méridien, du nouveau sirège de Sonatrach-Aval, ou encore, plus récemment, de la mosquée Ibn Badis, pour le reste, on a affaire à une architecture «banale», standardisée, sans aucune touche qui caractérise, ou du moins qui rappelle le passé d'Oran et son patrimoine.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Akram El Kébir
Source : www.elwatan.com