Il aura fallu d'importants renforts des services de sécurité pour
permettre aux engins de la commune d'Oran, d'investir la forêt dite de «Coca»,
à la périphérie d'Oran, et certaines zones de la Corniche supérieure, pour
entamer l'opération de démolition des constructions illicites érigées sur le
domaine forestier. En effet, les habitants concernés par ces démolitions ont
tout fait pour empêcher les services de la commune de progresser vers l'intérieur
de la forêt, en bloquant l'accès par des pneus enflammés et par des jets de
pierres. Tôt dans la matinée, sur une cinquantaine de constructions programmées
à la démolition, une dizaine ont été démolies avant que les engins de la
commune ne fassent marche arrière face à la réaction des habitants. Les
responsables présents sur les lieux n'ont eu d'autre recours que de faire appel
à plus de renforts pour achever l'opération. Lors de la première incursion,
deux éléments des services de sécurité ont été blessés par des jets de pierres.
La situation a vite dégénéré en émeutes et les forces de sécurité appelées en
renfort ont dû recourir aux bombes lacrymogènes, sans toutefois parvenir à
investir le terrain très accidenté.
Durant toute la matinée, les forces
de sécurité ont dû faire face à une résistance farouche des habitants, qui
redoublaient de férocité à chaque tentative d'incursion des forces de sécurité
profitant de la densité de la forêt et de leur connaissance parfaite du
terrain. Jusqu'à la mi-journée, la situation était toujours tendue. Ce n'est
qu'aux environs de 13 heures que les gendarmes ont réussi à maîtriser la
situation et à ouvrir l'accès aux engins de la commune qui ont poursuivi
l'opération de démolition. Aux dernières nouvelles, cinq gendarmes ainsi que
des émeutiers ont été blessés. Trois personnes parmi les protestataires ont été
arrêtées. Ces démolitions, souligne-t-on, étaient initialement prévues il y a
une dizaine de jours, mais ont dû être reportées jusqu'à hier. L'opération s'inscrit
dans le cadre de la lutte contre les constructions illicites. Il y a une
dizaine de jours, le délégué du secteur urbain de Haï Bouamama s'était réuni
avec les représentants de la direction des Forêts, la police de l'urbanisme et
la Gendarmerie nationale. Cette rencontre a permis la mise sur pied d'une
brigade mixte chargée du suivi de l'évolution de la situation au niveau de
cette zone et de l'entame des opérations de démolition. Sur ce point précis, le
premier responsable du secteur a indiqué qu'une demande d'autorisation de
démolition de 35 habitations illicites avait été adressée aux services
concernés. Toutefois, il s'est avéré que, depuis, le nombre des familles qui se
sont installées illicitement sur le site a presque doublé, ce qui a incité les
responsables à reporter l'opération, pour revoir complètement le dispositif
Les services du secteur urbain
avaient déjà adressé 25 mises en demeure à des citoyens ayant érigé des
constructions au niveau du site dit «Coca» près de la route de la Corniche
supérieure. Il s'agit de familles qui ont coupé des arbres et érigé leur
habitation illicitement. Les familles concernées avaient été sommées de quitter
les lieux pour permettre aux services de la commune de procéder à l'éradication
des constructions ciblées.
Le délégué du secteur avait
affirmé que le phénomène de la prolifération des construction illicites au
niveau de cette forêt ne peut être éradiqué tant qu'il ne sera pas mis fin aux
agissements de certains énergumènes qui encouragent les familles à s'installer
sur le site, en leur cédant des constructions de fortune et des parcelles de
terrain illicitement à des prix alléchants. «Il faut aussi doter le secteur
urbain de moyens adéquats de lutte contre ce phénomène», avait insisté le même
responsable.
En moins de trois mois, une
quarantaine de constructions illicites ont été démolies au niveau de ce secteur
urbain. Les mêmes services avaient démoli, au début du mois de septembre, 06
constructions illicites au niveau de cette même forêt. 07 autres constructions
ont été démolies au début du mois de février au niveau de Haï Benarbia
(Rocher). Des dispositions ont été prises à la fois par les services du secteur
urbain et par la direction des Forêts pour éviter l'installation illicite de
nouvelles familles, qui choisissent généralement la forêt de Coca, pour ériger
leurs constructions.
Depuis le lancement, il y a deux
années, de l'opération visant l'éradication des constructions érigées sur le
domaine forestier, plus de 400 constructions illicites ont été démolies à
travers les forêts de la wilaya et les terrains récupérés puis reboisés par les
services de la direction des Forêts.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Djamel B
Source : www.lequotidien-oran.com