Les taxis étaient bel et bien de retour à «enseigne découverte», le début de la semaine dernière, à Oran. Mais il y en avait qui n'étaient apparemment pas encore totalement prêts à respecter scrupuleusement les consignes de protection qui leur ont été imposées par l'administration en contrepartie de la reprise de l'activité.Néanmoins, pour leur compte ou affiliés à une compagnie, beaucoup étaient pour leur part déjà bien préparés en ne voulant prendre aucun risque et ils avaient bien raison. Ils étaient remarquables avec leurs masques, le plexiglas de séparation des sièges (tous plastifiés) avant et arrière, etc. «Je ne prend qu'un seul client à la fois.
Tout cela est bien sûr contraignant pour moi mais c'est mieux que rien, car j'ai besoin de travailler pour gagner un peu d'argent», explique ce chauffeur de taxi, las d'avoir été à l'arrêt depuis si longtemps. «Au début, nous avons cru que la pandémie n'allait pas durer mais avec le temps cela devenait insoutenable et, aujourd'hui que je peux enfin respirer, je ne veux surtout pas prendre le risque de me faire verbaliser ou sanctionner».
Tous n'étaient pas équipés de la même manière. Pour limiter les dépenses, certains chauffeurs de taxi se contentaient d'un large film en plastique en guise de séparation de l'habitacle du véhicule. C'est toujours aussi efficace mais reste fragile au nettoyage.
Une solution consiste à le changer périodiquement. Il n'était pas rare par contre de voir passer des taxis avec plus d'un client à bord, enfreignant ainsi une des principales mesures décidées par les autorités pour lutter contre la propagation du virus. Le pire concerne ceux, rares il est vrai, qui activaient sans prendre en considération aucune de ces orientations s'exposant ainsi d'abord au risque de contamination et ensuite à la verbalisation.
En réalité, la corporation n'échappe pas à la représentation que se fait la population de la maladie. Un large éventail allant de ceux qui la redoutent et font tout pour s'en préserver à ceux qui se distinguent par un relâchement parfois total, ceux-ci ne sont pas exigeants et étaient donc prêts à prendre les taxis dans n'importe quelles conditions.
D'autres restent intransigeants. «Moi je porte un masque et je vais encore prendre un taxi mais je vais non seulement choisir celui qui est équipé pour la circonstance mais aussi négocier dès le départ avec le chauffeur pour qu'il évite de prendre un autre client en cours de route», assure cette mère de famille à la sortie d'un magasin et qui se dit même prête à payer plus pour éviter tout risque. Tous n'avaient pas repris l'activité mais l'offre pour ce moyen de transport était remarquable dans une ville qui commence à récupérer un peu de son dynamisme.
Parmi ceux qui n'avaient pas encore repris le travail, un chauffeur de taxi déclare : «Je ne me suis pas encore équipé. J'ai temporisé aujourd'hui pour voir comment les choses vont évoluer car le matériel demandé coûte quand même un peu cher. Je verrai demain...»
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Djamel Benachour
Source : www.elwatan.com