A l'instar de leurs concitoyens des autres villes, les Oranais ont tenu à
fêter la victoire de leur équipe nationale, victoire dont ils étaient sûrs
qu'elle sera large et nette. Le doute introduit par le succès du rival égyptien
sur la Zambie n'a aucunement entamé cette volonté. Bien au contraire, il
fallait forcer le destin. Il fallait entretenir coûte que coûte l'espoir de
voir le onze national parmi le gotha des mondialistes en Afrique du Sud. Il
fallait démontrer que la confiance investie dans les camarades de Ziani et de
Ghezal est encore totale et plus forte que les surprises du ballon.
Pour se départir des
interminables pronostics et calculs sans fin, les jeunes ont commencé la fête
des heures bien avant le coup d'envoi de la partie. Mais l'essence même de la
fête est l'ostentation, les quartiers ont rivalisé: à qui proposera le plus
grand data show ou écran pour visionner la partie. Une véritable dynamique de
groupe s'est mise en branle. On a monté des espaces pour le spectacle tant
attendu. On n'est pas loin du chapiteau comme espace de spectacle !
Individuellement, c'est la même logique qui a prévalu. Chacun à sa manière a
porté un accessoire pour signifier son adhésion à ce nouveau «ciment de l'unité
nationale». En dehors du chapeau, du châle, du bracelet et fanion, tous en couleurs
nationales et tous déjà vus, on a inventé autre chose.
Des débardeurs en blanc vert
rouge et en laine pour prémunir contre la fraîcheur de la nuit. Mieux encore,
certains ont même réussi à reproduire à l'identique le nouveau maillot de
l'équipe nationale, tout récemment conçu et fourni par l'équipementier Puma.
Pour ce faire, on a dû, souligne-t-on, consulter le net.
Les angoisses de ce but
libérateur qui a mis du temps à venir, la rage qu'ont inspirée l'arbitrage et
le comportement de l'équipe adverse n'ont fait au bout du compte qu'introduire
un nouveau élément, un nouveau stimulant: l'adversité. Donc, vaincre donnerait
un goût supplémentaire à la fête. C'est justement ce qui a eu lieu. Dès le
dernier coup de patte de Ziani soulevant les filets du portier rwandais, la
foule a donné libre cours à ses élans. Les cafés et les lieux clos ont été d'un
coup désertés. La communion collective a commencé. Et comme ce genre de
manifestation n'est plus une innovation, les lieux de regroupement sont devenus
tout indiqués: place Karguentah, devant le siège de l'ENTV, le rond-point dit
du Sheraton, place des Victoires,... Les voitures, surchargées, ont entamé le
périple. Des engorgements ont eu lieu dans plusieurs points de la ville.
Probablement, il y a eu des accidents, puisque dans plusieurs endroits les
gyrophares et sirènes des voitures de la protection civile ont été aperçus et
entendus. Intégrant parfaitement l'idée qu'ils étaient dans un moment de fête,
les jeunes n'ont pas touché les barrières de la Seor, s'érigeant en véritables
obstacles devant la circulation des personnes et des véhicules. Véritable
démenti pour ceux qui traitent les jeunes, notamment des quartiers
périphériques, de hooligans !
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Ziad Salah
Source : www.lequotidien-oran.com