«Ce projet paraît petit d'un point de vue consistance physique. Mais il est si grand en termes de signification, de vertus morales et de valeurs civiques. Cet acte de bienfaisance est d'autant louable qu'il consiste en un établissement éducatif. Ce n'est pas l'Etat qui vous récompensera, monsieur le promoteur, pour votre acte caritatif et votre action généreuse, mais Dieu. C'est Lui qui vous gratifiera.»
C'est en ces termes que le wali d'Oran a ouvert, hier mardi, la cérémonie de pose de la première pierre d'un projet de réalisation d'une école primaire, un sponsoring privé à 100%, sise îlot 12, Haï Khemisti, secteur urbain El-Menzah (ex-Canastel), à un jet de pierre du siège de la Conservation des Forêts.
Modestement et humblement, l'auteur de ce don, sous forme d'un groupe scolaire «clé en main» qui devra ouvrir ses portes aux élèves dès la prochaine rentrée scolaire, en l'occurrence le promoteur immobilier Khenoussi Hassan dont l'entreprise porte son nom «EURL Hassane Promo», dira avec une voix à peine audible: «Je n'ai fait qu'apporter une toute petite pierre à l'édifice de ma grande ville, Oran. C'est, surtout, pour nos petits enfants».
Il est vrai qu'on a l'habitude de voir tant d'investisseurs, d'hommes d'affaires ou de simples commerçants, prendre en charge à leurs propres frais l'édification de mosquées, allant du petit format de salle de prière dans un coin du quartier au grand gabarit accueillant plusieurs centaines de fidèles sur grand boulevard.
Pour des raisons historiques, ethniques et socio-culturelles, la société algérienne, en général, a pris le pli de cette démarche trop simpliste et presque instinctive, consistant à dresser un minaret ou ériger une zaouïa, ou de faire don de son propre lot de terrain pour y matérialiser un lieu de culte, dès lors qu'il s'agit d'une action caritative, un acte de citoyenneté qui requiert de la finance, la bonne.
Autant dire qu'on s'oriente directement vers la variante -toute prête- d'auto-construction d'une mosquée, là où le besoin pressant de la population locale ou le maillon manquant du périmètre est autre chose: une école, une crèche, un dispensaire, une route, une passerelle.
C'est le bon service rendu aux autres qui est récompensé par Dieu, qui n'est pas forcément un lieu de prière.
C'était le cas, par exemple, de cet îlot 12 de Haï Khemisti, où on avait plus besoin d'une école que d'autres choses. Le promoteur M. Khenoussi s'est lié à ce fait. Elle ne pouvait que recevoir la bénédiction des pouvoirs publics locaux pour donner corps à son intention, sous forme d'un accord pour la réalisation d'un groupe scolaire de 12 classes, avec logement de fonction, sur un terrain de 1.996 m2.
Il s'est engagé, de son propre chef, à remettre les clés de cet équipement scolaire dans 3 mois, tout au plus. C'est une entreprise chinoise qui s'en chargera.
Bien sûr, hors de question de reléguer pour plus tard les détails d'ordre réglementaire pour Zâalane Abdelghani: la convention (stipulant notamment que l'école «offerte» doit être conforme à la typologie et toutes les normes réglementaires et que celle-ci doit être incorporée au sommier de consistance de la commune d'Oran dès sa réception) a été signée séance tenante par les trois parties prenantes: le DLEP, le maire d'Oran et le patron de «EURL Hassane Promo», avant même que le wali ne pose du ciment dans la pierre d'angle portant plaque commémorative de cette future école, baptisée au nom de l'ex-wali d'Oran, feu Merazi Rachid.
Houari Saaïdia
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Posté par : akarENVIRONNEMENT
Ecrit par : Houari Saaïdia
Source : Le Quotidien d'Oran du mercredi 3 juin 2015