Oran - Revue de Presse

Oran - Gros risque d’affaissement de terrain à la Place Garguentah



Le centre-ville en danger Hier, aux premières heures de la matinée, la circulation automobile a été interdite sur la partie de la chaussée comprise entre le Palais de la Culture et des Arts et la place Garguentah, en plein centre-ville d’Oran. Sur place, des agents de la police de la circulation ont posé des barrières amovibles et planté des panneaux d’interdiction de la circulation dans les deux sens sur cette partie de la chaussée, d’habitude très fréquentée. Cette fébrilité et la décision d’interdire la circulation font suite aux profondes fissurations relevées par les services techniques et qui font craindre des affaissements des terrains alentours. Rencontré sur les lieux et sollicité, M. Mebarki, directeur de la division de l’Urbanisme et de Planification de la ville d’Oran était catégorique. «Ce sont les dépassements enregistrés au niveau du chantier de construction d’un centre commercial qui sont à l’origine de cette situation. Faisant fi de la loi et des mises en demeure qui leur ont été notifiées par l’administration, les promoteurs de ce projet ont dépassé toutes les bornes.» «Ainsi, poursuit-il, au lieu de respecter les dispositions du permis qui leur a été délivré pour la construction du centre commercial et se contenter de 2 sous-sols, soit une profondeur de 6 mètres, ils ont décidé d’en réaliser 4 et creusé sur plus de 11 mètres. De la sorte, au lieu d’un centre de 14 niveaux, ils essayent de gagner en profondeur pour en obtenir un de 18. L’administration s’étant rendu compte des dépassements, le maître de l’ouvrage a été mis en demeure de devoir se conformer à la loi et au permis qui lui a été délivré. Il n’a pas cru devoir tenir compte des mises en demeure et doit en conséquence en assumer l’entière responsabilité», dit-il. Pour parer à toute éventualité et en attendant que les experts se prononcent, la DUP a, séance tenante, notifié au délégué du maître de l’ouvrage l’ordre d’arrêter immédiatement les travaux. Egalement présent, M. Bensenouci, directeur technique du laboratoire des travaux publics de l’Ouest (LTPO), sollicité, déclare: «Cela fait plusieurs mois que nos services ont invité le directeur de la Sarl Sidar (voir fac simili) impliquée dans la réalisation du centre commercial en cours de construction à s’entourer des précautions que nécessite la nature du sol. Il n’en a pas tenu compte et le résultat frise la catastrophe. En effet, lors de nos visites à ce site où nous devions suivre nos essais géotechniques, nous avons constaté que l’avancement des excavations se fait de plus en plus en profondeur pour atteindre le niveau bas du quatrième sous-sol. A partir de ce constat, nous avons préconisé l’emploi d’étaiement adéquat ou la réalisation de travaux d’infrastructure par lots séparatifs afin d’éviter tout éventuel risque de démantèlement de quelque partie verticale pouvant être engendré par un quelconque aléa ou une secousse tellurique. Le maître de l’ouvrage ayant complètement ignoré nos conseils et fait fi de la réglementation, le résultat est là et il doit en assumer la responsabilité». Le représentant de la Sarl Sidar Consulting, délégué du maître de l’ouvrage, soutient disposer d’un permis pour un sous-sol et que promesse lui avait été faite pour la régularisation des 3 autres. Cette déclaration est infirmée par le représentant de la DUC qui assure que «l’ouvrage n’a pas été autorisé» et qu’en tout état de cause, «les prescriptions de sécurité ont été totalement ignorées». Pour preuve des différentes carences constatées sur le site, l’absence de tout panneau signalant l’existence du chantier, la nature des travaux, le maître de l’ouvrage, les n° des permis et les délais de réalisation notamment. D’autre part, selon des sources, au lieu d’engager les travaux sur les 2.000 mètres carrés prévus, le chantier s’étend sur 2.136. Devant la gravité des dépassements et des risques qu’ils font encourir à la ville et à ses habitants, le directeur de la division de l’Urbanisme et de la planification de la ville d’Oran nous a déclaré qu’une action en justice allait être engagée contre le maître de l’ouvrage. La circulation interdite sur cette partie de la chaussée, les automobilistes doivent faire de grands détours pour vaquer à leurs occupations. Sur place, la chaussée de même que les trottoirs sont profondément fissurés sur plus de 15 mètres. A quelques mètres à peine de l’immense chantier, d’importants dégâts ont été occasionnés à l’hôtel Marhaba. Lors d’une visite guidée à laquelle nous a conviés le patron de cet établissement hôtelier, nous avons relevé que sur les 50 chambres, plus de la moitié ont subi des dégâts, des murs sont fissurés et des balcons partiellement endommagés. Selon les personnels de service, ces dégâts sont imputables au chantier voisin. En raison de ces dégradations, des bruits infernaux et vibrations, la clientèle a fui l’hôtel et «le chiffre d’affaires a chuté de plus de 50%», assure son gérant qui déclare se réserver le droit de recourir à la justice. Par endroit, larges de 15 à 20 cm, les fissurations menacent aussi le bel et imposant Palais de la culture et des arts. En attendant les résultats de l’expertise confiée au LPTO, les travaux sont à l’arrêt. Pourvu, prie un expert, qu’il ne pleuve pas, autrement, assure-t-il, les infiltrations d’eau provoqueront la catastrophe.   M. Nemili
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