Oran - Revue de Presse

Oran - Expulsion des occupants de vieilles bâtisses



Echauffourées entre police et squatters à Médioni «9 heures 30. Rue Sifi Hasni (ex-Mille et une nuits). Les jets de bouteilles et de pierres pleuvent sur les agents de l’ordre venus évacuer l’immeuble numéro 2.» C’est dans ces conditions que se poursuivait hier la campagne d’éloignement des occupants des vieilles bâtisses squattées au lendemain de leur évacuation, lors du plan de relogement des habitants du vieux bâti du 1er degré. L’opération d’expulsion de trois familles dans les quartiers de Médioni et El-Hamri devait être en effet musclée. Un périmètre de sécurité a été établi tout autour de la bâtisse objet de l’évacuation. Les passants ainsi que les automobilistes ont été contraints d’emprunter d’autres artères du quartier. Et on apprenait, sur place, qu’un groupe indéterminé de jeunes s’est enfermé dans une chambre de l’immeuble avec une bouteille de gaz et menacent de tout faire sauter si les policiers se hasardaient à l’intérieur du haouch. Dehors, un jeune exhibait un gros couteau de boucherie avant de se mutiler le corps, au thorax et aux membres inférieurs, sous le regard hagard des curieux qui assistaient à la scène. Le spectacle est horrible. Alors que ce jeune, pris d’une crise d’hystérie, a été immobilisé par les policiers, d’autres, isolés dans l’appartement, continuent de lancer des bouteilles sur les policiers restés confinés sous leurs boucliers… L’officier présent sur place qui commandait l’opération a déclaré qu’il ne veut absolument pas de violence : «Il faut négocier avec les frondeurs et trouver une issue salutaire», réitère-t-il. Une heure plus tard, la situation n’a pas changé d’un iota. Les jeunes ont campé sur leur obstination à ne pas céder le moindre pouce de terrain et à n’importe quel prix. La patience des policiers a atteint ses limites. Des signes de nervosité se dessinaient sur les visages. Il faut donc donner l’assaut et maîtriser vite les assaillants qui continuaient à lancer tout ce qui se trouvait à leur portée. Dix heures 30 passées, l’ordre de l’assaut a été enfin donné. Les policiers sont entrés dans l’immeuble, sous les cris des assaillants et aussi de la foule à l’extérieur. Quelques minutes plus tard, les policiers ont mis hors d’état de nuire deux jeunes et récupéré un arsenal impressionnant d’armes blanches. Profitant du manque de vigilance des policiers, l’un des deux jeunes arrêtés réussira à fuir en sautant du balcon vers un autre immeuble mitoyen pour ensuite prendre la poudre d’escampette. La fuite vertigineuse du jeune homme a créé un mouvement de panique dans les immeubles voisins. Le fuyard est passé par plusieurs appartements, bousculant dans sa course des ménagères qui, surprises, lançaient des cris stridents. L’intervention des policiers pour arrêter le fuyard a été soldée par un échec. Connaissant les lieux, il prendra vite le large. Son acolyte a été emmené manu militari au siège de la Sûreté de wilaya. Pendant l’assaut, une jeune est apparue brusquement sur le balcon. «Â Elle veut sauter dans le vide, empêchez-la », cria la foule. Alors que la femme se lançait les yeux fermés dans le vide, elle sera retenue in extremis par un policier qui l’aura ainsi sauvée d’une mort quasi-certaine, vu la hauteur de l’édifice. On apprendra que trois policiers ont été blessés lors de l’assaut mais leur état de santé n’est pas inquiétant. Ils ont été évacués vers les services des urgences du CHUO, a-t-on appris. En fait, ils étaient 5 familles habitant dans cet immeuble, apprend-on auprès du secrétaire général de l’APC d’Oran qui ajoutera que «3 familles d’entre elles ont bénéficié auparavant de logements, 1 famille a déposé un recours devant la commission affectée à gérer la campagne de relogement et attend la réponse et une jeune célibataire qui devait être relogée dans une école à El Hamri, en attendant le règlement de sa situation. A El-Hamri, deux haouchs ont été également évacués dans des conditions électriques similaires. D’après le SG de l’APC d’Oran, l’opération continuera tout au long de la semaine et concernera 20 immeubles squattés, soit en somme une soixantaine de familles. Benachour Med
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)