Le peuple fait la fête
Comme annoncé dans ces mêmes colonnes, la commémoration des fêtes nationales n’est plus du ressort exclusif des appareils de l’Etat et la double fête de l’Indépendance et de la jeunesse est là pour confirmer ce changement salutaire.
Le pays étant passé du slogan «Du peuple et pour le peuple» à celui, plus équitable et plus en conformité avec les formidables changements intervenus suite à l’ouverture politique, économique et sociale du pays, «Par le peuple et pour le peuple», il était tout à fait légitime que le peuple investisse la scène et se réapproprie son histoire. . Ainsi, après avoir été trop longtemps confiné dans le rôle passif de simple figurant, le citoyen, conscient des capacités que lui offre un environnement plus favorable, commence à reconquérir les espaces d’expression auxquels il n’avait plus accès. Cette année encore, la société civile a pris les devants et s’est mise de la partie. En effet, hier et même si la fête de l’Indépendance et de la Jeunesse a été très dignement célébrée par les officiels, le mouvement associatif, dans toute sa diversité, n’était pas en reste. Côté officiel, le siège de l’Organisation nationale des Moudjahidine était le point de ralliement avant la traditionnelle lecture de la Fatiha du Saint Coran et le dépôt de la gerbe de fleurs au pied de la stèle dédiée aux chouhada au cimetière d’Aïn El-Beïda. Au siège de l’ONM, l’assistance a écouté avec respect et déférence ce qu’avaient à lui dire les rescapés de l’héroïque épopée de 1954. Présents en force, les intrépides moudjahidine et leurs sœurs d’armes ont évoqué les meilleurs moments de leur jeunesse, à l’évidence, jalonnés de hauts faits d’armes et de pires privations et atrocités. Ailleurs, d’autres festivités commémoratives ont rassemblé des milliers de citoyens et citoyennes qui avaient à cœur de contribuer à la liesse populaire. Du côté de la Place d’Armes, richement décorée pour la circonstance, diverses troupes artistiques et folkloriques s’évertuaient à donner à l’événement le cachet populaire qui lui faisait défaut. En cette matinée du 5 Juillet, à l’Esplanade de l’Indépendance où flottaient des milliers de petits drapeaux, il y avait beaucoup de monde. Le site et la stèle dédiée aux martyrs de la Révolution que Me Hamou Bachir, délégué du secteur urbain de Sid El-Bachir a fait retaper à neuf ont attiré une foule nombreuse venue rendre un hommage mille fois mérité aux valeureux chouhada et aux moudjahidine.
Quartier Ibn Sina, l’association Chougrani et l’association pour l’insertion et les loisirs de la jeunesse ont également contribué à la fête. A cette occasion, des joutes culturelles, artistiques et sportives ont été organisées et les meilleurs éléments récompensés. Fidèles à leur serment, les SMA, qui ont fourni à la Révolution d’éminents cadres, étaient aussi de la fête. Au Palais des arts et de la culture, d’autres activités commémoratives étaient programmées avec, cette année, la contribution du mouvement associatif. A Haï Zraa aussi, l’association Si Mabrouk et en dépit de la modestie de ses moyens, a tenu à donner à cet événement, trop longtemps réduit à une simple formalité protocolaire, le cachet populaire qui le restitue au peuple.
Coïncidant très opportunément avec la proclamation des résultats des différents examens, plus particulièrement du baccalauréat, l’augmentation des salaires et les préparatifs de la consultation référendaire pour la révision de la constitution, le 44e anniversaire de la fête de l’Indépendance et de la Jeunesse a été, cette année, une totale réussite. Il ne pouvait en être autrement après que le peuple se soit décidé à se réapproprier sa propre histoire
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com