Le verdict de l'affaire du Groupe TPL est tombé hier au bout de trois
semaines de délibéré. Des peines entre 18 mois et 3 ans de prison ferme ont été
prononcées contre les dix cadres de cette entreprise publique de transformation
de produits longs issue de la restructuration de l'ex-SNS de la sidérurgie.
Ainsi, le P-DG du groupe, le directeur financier et le président de la
commission d'évaluation des offres relative au marché au cÅ“ur de cette affaire
ont écopé de 3 ans d'emprisonnement. Le reste des mis en cause, au nombre de
sept, ont été quant à eux condamnés à 18 mois de prison ferme, assortis de
lourdes amendes ainsi que des dommages et intérêts. Qualifiant cette
condamnation d'«infondée et excessivement sévère», l'avocat de la défense
Maître Belbarr El-Houari nous a fait savoir qu'ils allaient faire appel de ces
décisions.
Il y a lieu de rappeler que le
ministère public avait requis entre 4 et 5 ans d'emprisonnement contre les dix
hauts cadres du Groupe TPL. Plus précisément, le procureur de la République
près le tribunal correctionnel d'Oran avait requis 5 ans de détention contre le
P-DG du Groupe TPL et 4 ans de détention contre les neuf autres mis en cause,
dont des responsables de la filiale Ouest de ce groupe spécialisée dans la
fabrication du rond à béton, le fil à machine et le treillis soudé et ceux
d'autres filiales du holding SGP Tran-Solv, et ce, en leur qualité de membres
de la commission d'évaluation des offres relative au marché d'approvisionnement
en matière première au cÅ“ur de cette affaire.
Les dix accusés comparaissaient
libres sous l'accusation de «tentative de passation de marché contraire à la
réglementation (le code des marchés publics en l'occurrence)». La transaction a
trait à l'approvisionnement de TPL en fer en vue de sa transformation notamment
en produits d'armature de béton. L'enquête préliminaire a été déclenchée par
les services de la DRS sur la base d'informations provenant d'une source
anonyme sur un marché «douteux» qui allait être conclu par la SARL TPL avec un
fournisseur espagnol Mégasa. En clair, il est reproché à ces gestionnaires
d'avoir «sciemment et sans motif valable» déclaré infructueux un premier appel
d'offres, obtenu par un opérateur belge Unisteel, pour ensuite lancer un second
qui a été attribué au final à l'opérateur espagnol Mégasa, lequel n'a pas
soumissionné pourtant dans l'appel initial.
En d'autres termes, aux yeux des
enquêteurs, le chemin tortueux suivi dans l'octroi de ce marché n'est qu'un
tour de passe-passe visant à évincer le soumissionnaire lauréat pour le
remplacer par un autre «tout indiqué» via un traitement de faveur. La défense
quant à elle, par la voix de Me Belbarr El-Houari, a axé sa plaidoirie sur un
point de droit: «SARL TPL est une EPE et n'est pas concernée par l'obligation
de passer par le code des marchés publics dans la conclusion de cette
transaction commerciale financée à partir de ses propres fonds et non du Trésor
public.»
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Houari Saaïdia
Source : www.lequotidien-oran.com