Graves sont les révélations d'un membre du service d'ordre qui s'occupe de sécuriser les marches des vendredis à Oran. Il affirme avoir été approché par des militants du FLN, connus sur la place publique, lui et une trentaine de ses amis pour chahuter les manifestations populaires hebdomadaires. "On m'a explicitement fait comprendre que si l'on déviait le caractère pacifique des marches, on nous aiderait dans nos revendications sociales." Notre interlocuteur, ancien videur d'une boîte de nuit, a reçu des promesses pour l'assister dans l'octroi d'un logement social, ce qu'il a catégoriquement refusé. "On nous a demandé de faciliter l'intrusion des pickpockets au milieu de la foule des marcheurs, de nous munir d'armes blanches pour terroriser les marcheurs et de favoriser les actes de malveillance pour décourager les gens de sortir", précise-t-il encore.Notre interlocuteur affirme également que ceux qui l'ont approché sont issus du FLN, dont des cadres locaux du parti. Pour rappel, ce service d'ordre d'un genre particulier a été mis en place d'une façon spontanée avant même la première manifestation de rue du 22 février dernier à Oran. "Ils sont entre 150 et 200, généralement des enfants d'Oran connus du milieu", nous avait expliqué Boubakeur, que nous avions rencontré lors du quatrième vendredi de contestation. Et d'expliquer plus précisément que plus d'une centaine de personnes sécurisent les marches. "Ce sont des visages connus par tout Oran et ils connaissent toutes les personnes susceptibles de provoquer des incidents ou de profiter de l'occasion pour commettre des délits", affirme-t-il. La réciprocité étant vraie, ces éventuels casseurs évitent donc la moindre provocation ou accrochage, craignant les mises en garde de ce service d'ordre pas comme les autres. On comprend mieux qu'ils soient ciblés par le FLN pour compromettre le caractère pacifique de ces marches. D'ailleurs, lors de la troisième semaine du "hirak", se rappelle Boubakeur, les éléments du "service d'ordre" sont intervenus pour arrêter quatre casseurs qui s'étaient réfugiés sur la terrasse d'une construction en chantier du côté du front de mer. "Ils ont commencé à jeter des pierres sur les manifestants et nos hommes sont montés les chercher. C'étaient des adolescents, encore sous l'effet de psychotropes, qui ont avoué avoir été payés 3 000 DA par des militants du FLN pour chahuter la marche. Nous les avons livrés au commissariat du front de mer."
Par ailleurs, et lors de la marche du 16 avril dernier, des carrés représentant des militants locaux du MSP ont fait leur apparition parmi les manifestants, scandant des slogans à caractère religieux, ce qui a fait naître une certaine tension parmi la foule. Si la ville d'Oran avait été épargnée par le phénomène islamiste, il semble que la situation a changé, ces deux dernières semaines.
Saïd OUSSAD
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Said Oussad
Source : www.liberte-algerie.com