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ORAN Le pouvoir d'achat laminé



ORAN                                    Le pouvoir d'achat laminé
La mercuriale de ces dernières semaines semble perdre ses repères. Des prix des fruits et légumes qui donnent le tournis, et un monde agricole noyé dans l'anarchie et l'attente passive des aides et des subventions de l'Etat pour tenir en vie un secteur comateux.
Des pères de famille qui reviennent avec le couffin vide du marché face à la folie des prix qui sévit. Même le poisson et la viande rouge se sont mis de la partie pour rendre 'fou' un consommateur lassé des promesses et des chiffres illisibles des services agricoles.
'Personnellement, je suis pour la dissolution du ministère de l'Agriculture et de laisser seul le ministère du Commerce gérer et réguler le marché des produits alimentaires. Cinquante ans après, nous sommes incapables d'assurer les produits agricoles de base, telle la pomme de terre, alors que des milliards de dinars des deniers publics ont été injectés dans le monde agricole pour arriver à un résultat de totale dépendance de l'extérieur pour se nourrir', s'indigne un père de famille, rencontré au marché de la Bastille. Le plat de frites est passé de 60 DA à 120 DA chez les gargotes fréquentées par les centaines de salariés oranais.
'Je prends un plat de riz, c'est moins cher. Notre augmentation de salaire a fondu dans la hausse des prix', confie un fonctionnaire. Pourtant, toutes les personnes âgées contactées ont affirmé que presque toutes les communes assuraient leur autosuffisance en produits agricoles durant l'époque coloniale et les premières années de l'indépendance. 'Des dizaines de camions chargés de fruits et légumes des diverses fermes coloniales de la wilaya d'Oran, et plus tard des domaines autogérés alimentaient quotidiennement le marché de gros d'Oran', affirme el-hadj Chaib avant de poursuivre : 'Certes, les conditions de travail imposées par les colons étaient plus rudes mais la terre était très généreuse grâce au travail.' Aujourd'hui, un grand nombre d'agriculteurs passent leur quotidien devant les portes des antennes des services agricoles et les mairies en quête de subventions et d'aides financières au lieu de s'occuper de leur terre.
La pomme de terre à 100 DA, le poivron à 170 DA, les courgettes à 150 DA, le citron à 120 DA, les oranges à 160 DA, l'agneau à 1100 DA'
Le pouvoir d'achat des Oranais est complètement laminé. 'Regardez le nombre de mendiants et vous serez servis', lance une grand-mère. 'Ni Syrpalac 1 ni Syrpalac 2 ne résoudront le problème de la spéculation et de la hausse vertigineuse des prix des fruits et légumes, tant que l'agriculture est gérée d'une manière bureaucratique basée sur la rente et avec une politique qui avance à reculons.
Le monde agricole est complètement déboussolé. EAC, EAI, concessions, actes de jouissance' Bref ! Ajouter à cela, des Pdau (plan d'aménagement urbain) qui bouffent des milliers d'hectares de terres fertiles chaque année, l'agriculture ne peut sortir la tête de l'eau', explique un universitaire.
Plus grave encore, des hôtels, des logements sociaux, des salles de sport, des piscines, des écoles, des stades 'mateco', des centres culturels, des locaux commerciaux' sont bâtis sur des terres agricoles à haut rendement de productivité. `
Et même des arbres fruitiers sont coupés pour laisser place aux chantiers. Y a-t-il un pilote dans l'avion ' Nous venons d'apprendre qu'une terre agricole et ses oliviers est prévue pour la réalisation d'un hôtel à Oued Tlélat, et bientôt des familles seront exclues de la terre qu'elles occupent depuis plus de 50 ans.
La révision du Pdau a été conçue sur mesure selon les victimes de cette injustice.
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