
Autres temps, autres m?urs : les coiffeurs d'Oran sont appelés, snobisme oblige, à relever le défi de réussir des coupes de cheveux fantaisistes, la clientèle, constituée essentiellement de jeunes, souhaitant imiter dans leur coiffe des idoles parmi les stars du football mondial.De nombreux coiffeurs trouvent que leur métier est devenu exigeant face à cette «starmania» et nécessitant un grand effort pour honorer la «commande». Des coupes de cheveux fantaisistes à la Neymar (FC Barcelone), Hamsik (Naples), Taïder (Sassuolo) et autres stars et idoles sont parfois contraignantes et prennent beaucoup de temps et recommandent du doigté, ont-ils relevé.«Il m'arrive de réussir une coupe fantaisiste, mais avec de la sueur au front et tout ce que cela exige comme imagination», a confié Oussama, coiffeur à la cité AADL-Pépinière, à l'est d'Oran. Rater une coupe le met, dit-il, dans une situation inconfortable et risque même de lui attirer les foudres du client déçu.«L'attachement à l'idole est tel que certains clients fulminent de colère en s'apercevant qu'ils ne peuvent pas, le cas échéant, lui ressembler», a-t-il relevé, se rappelant qu'un jour un client lui a demandé, en s'asseyant sur le fauteuil, s'il avait suivi un match de foot européen, histoire de le mettre au parfum.«La question m'a intrigué et, à l'origine, le client voulait simplement s'assurer si j'avais remarqué la coupe de cheveux de son idole», a raconté le coiffeur, sur un ton anecdotique. «Je deviens comme un automate quand je reçois en même temps un nombre de jeunes munis de posters de stars du foot qu'ils veulent imiter dans leur fantaisie capillaire», a confié, de son côté, Abdelghaffar, gérant d'un salon de coiffure au centre-ville d'Oran.Présenté comme un «artiste» dans les coupes de cheveux fantaisistes, il éprouve parfois du dépit en cédant aux «caprices» de clients des «temps modernes». «De telles opérations prennent plus de temps et nécessitent un surcroît d'attention, rendant notre métier plus entreprenant et stressant par peur de ratage», a encore indiqué Abdelghaffar.La réussite des coupes de cheveux «très in» exige une discussion préalable avec le client et un «plan de travail» prenant en considération, entre autres, les motifs à réaliser, les raies, les mèches et les rasages délicats, a-t-il expliqué, signalant que parfois des clients changent d'avis et de plan après l'entame de la coupe initialement proposée. «Le fait de palabrer avec le client sur telle ou telle coupe de cheveux me donne le tournis, sachant que cela exige autant de concentration.Comme astuce et pour éviter une telle clientèle, j'augmente le tarif et le tour est joué», dira Ali, un coiffeur à la cité USTO, à l'est d'Oran. «Des clients jugés ordinaires, dont notamment des personnes âgées, se trouvent parfois dans l'obligation de rebrousser chemin juste à la vue d'une foule de jeunes attendant leur tour», a-t-il ajouté. Il arrive à certains coiffeurs de quartier de baisser rideau au-delà de 22h, en raison de la forte demande.Par la force des choses, les salons de coiffure ne désemplissent guère à Oran, a-t-on constaté. «Je me prête avec des amis à un jeu d'imitation de coupes de cheveux de stars», a relaté Nassim (19 ans), étudiant à l'université des sciences et technologie d'Oran Mohamed Boudiaf. «En dépit des dépenses qu'il génère, je trouve ce jeu amusant et valorisant auprès de mes pairs», a-t-il ajouté. «J'estime que cette manie est une expression d'un nouveau genre imposée par l'évolution de la société à l'ère de la révolution technologique», soutient son ami Sofiane (20 ans), qui partage la même passion.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : APS
Source : www.elwatan.com