Oran - A la une

Opposition et voies parallèles



Opposition et voies parallèles
La classe politique s'active en prévision des prochaines échéances électorales. L'Instance de coordination et de suivi de l'opposition (ICSO) s'est réunie, lundi, pour débattre de la conduite à tenir face aux prochaines législatives. Décision a été prise de laisser la latitude de prendre part ou de boycotter ce scrutin à la discrétion des partis membres de ce regroupement, tout en réitérant leur adhésion à la plateforme de Zéralda pour une transition démocratique et aux initiatives communes que l'organisation pourrait prendre dans le cadre de ce premier test politique et électoral, que l'ICSO s'apprête à engager. Depuis l'avènement du pluralisme en Algérie, l'opposition a toujours été partagée au moment d'opérer les choix décisifs. Les positions et les discours unificateurs laissent place à des actions solitaires dont on sait pertinemment, par expérience, qu'elles seront vaines et politiquement improductives comme celles qui les ont précédées. Quand on lit le contenu du mémorandum adopté par l'ICSO, à l'issue de sa dernière réunion ? où l'opposition a dressé un sévère réquisitoire contre le pouvoir mettant à nu son incapacité à se réformer et à aller dans le sens de l'histoire ?, quand on analyse les critiques émises sur le dispositif électoral, sur le système judiciaire, la fraude annoncée, le verrouillage du champ politique et médiatique, il est à se demander s'il peut rester encore quelque raison objective pour la participation au prochain scrutin.Le bon sens politique le plus élémentaire plaide pour une non-participation collective de l'opposition après un tel constat qui laisse croire que rien n'a changé dans la nature du système pour accorder du crédit aux promesses de renouveau politique du pouvoir joliment emballées dans la dernière révision constitutionnelle. Il y a comme un paradoxe dans l'attitude de l'opposition. On ne fait pas confiance au pouvoir pour organiser des élections régulières tel qu'officiellement proclamé, mais n'empêche, les partis regroupés au sein de l'ICSO ne rejettent pas, de façon dogmatique et suivant une position doctrinale, l'option de la participation. Le propre d'un regroupement de l'opposition, d'une organisation ou d'une coalition politique n'est-il pas de rassembler ? en toutes circonstances et a fortiori face à des événements majeurs ? les énergies de ses membres, de parler d'une même voix, d'agglomérer ses forces, de peser collectivement et solidairement sur le cours des événements ' Les difficultés éprouvées par l'opposition organiquement structurée ou non à trancher la question de la participation au scrutin renseignent sur le chemin qui reste encore à parcourir pour promouvoir la saine culture politique dans les rangs des partis et amener la classe politique à transcender les intérêts partisans étroits pour se rassembler autour d'objectifs et de valeurs partagés.Dans les pays démocratiques, la question de l'alternance politique au pouvoir est réglée, certes, à la base, d'abord, par leur système démocratique, ensuite, par le jeu des alliances politiques et partisanes qui se négocient âprement entre les forces politiques avant les consultations populaires. Cela suppose un programme commun, des listes communes, des stratégies de campagne électorale croisées? Chez nous, il faut bien admettre qu'on est loin de ces standards de la compétition politique qui font la force des grandes démocraties et des grands partis qui sont des écoles de militantisme et de patriotisme.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)