Les services de l'Office de Promotion et de Gestion Immobilière (OPGI)
ont lancé, ces derniers jours, une opération de recensement des occupants réels
des logements sociaux locatifs, afin de cerner l'ampleur «des changements de
mains» entre locataires, et autre «sous location» des appartements. «Pour
l'instant, l'étape, ou la mission, se limite au simple constat des faits, à
partir duquel sera élaboré un rapport détaillé qui sera transmis à la tutelle.
Quant à la suite réservée à ce travail, on n'en sait rien encore», nous
confiera un cadre de l'OPGI.
Envisage-t-on, à travers cette opération, de régulariser la situation
nominative des centaines, voire des milliers, de baux de location, demeurés
sous le nom de leur premier locataire, alors que celui-ci a mis les voiles
depuis longtemps ? S'interrogent, non sans grand espoir, plusieurs personnes
ciblées par cette enquête menée par l'OPGI.
Ces derniers, ayant acquis leurs logements par le biais d'achat en «pas
de porte», en usant d'un subterfuge juridique que représente «la reconnaissance
de dette», établie entre l'acheteur et le vendeur devant un notaire, n'en
peuvent plus de continuer à vivre dans des conditions non conformes à la
réglementation.
L'OPGI a cessé, depuis la fin des années 90, toute transcription des
changements de noms sur les arrêtés d'attribution des logements à caractère
social locatif, laissant les nouveaux occupants (les acheteurs en pas de porte)
face à leur lourde responsabilité. Plusieurs d'entre eux ont voulu acquérir en
toute propriété leur logement, en réglant la facture de l'achat auprès de l'OPGI,
mais comme le bail est établi au nom de l'ex-occupant, «ils n'ont pu accéder à
cette offre très avantageuse sur plusieurs plans», nous signalent plusieurs cas
du genre. Depuis quelque temps, aussi, certains ex-locataires, qui ont vendu
depuis des mois, voire des années, leurs logements en pas de porte, à des prix
dérisoires, sont revenus sur leur décision, et ont récupéré leurs
appartements... Pour les revendre plus chers. Le malheureux acheteur, lui, a
tout juste repris son argent, tel que le mentionne la reconnaissance de dette
dûment établie (naguère) devant le notaire. Cette mésaventure est très
difficile à surmonter par les victimes de ces achats en pas de porte, car
expulsées des logements payés à hauteur de 120 millions il y a deux ans de cela
(pour le cas d'un F3), elles se retrouvent face à un marché qui a enregistré
des hausses très importantes, «parfois atteignant des taux de 100 %», comme le
soutient un gérant d'une agence immobilière. «Certes, la vente de logements
sociaux est interdite par la loi, mais le besoin urgent nous a contraint de
recourir à cette transaction, et ce ne sont pas moins de milliers de cas qui
s'inscrivent sur ce registre, et qui attendent avec grand espoir une
régularisation de leur situation, régularisation qui constituerait une très
forte rentrée d'argent pour l'OPGI», en conviennent des locataires acheteurs de
logements en pas de porte. «L'Etat se trouve face à un véritable dilemme,
relève pour sa part ce cadre de l'OPGI, régulariser les baux de location sous
le nom des réels occupants, et reconnaître, voire autoriser, implicitement la
vente de logement sociaux, ou laisser la situation telle qu'elle est, avec
toute ses conséquences ? !».
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Posté par : sofiane
Ecrit par : A Zerzouri
Source : www.lequotidien-oran.com