
Le monde évolue et change rapidement. Les géostratèges et les politiques changent d'avis comme les Afghanes changent de burkas. Le 11 septembre 2001, les Etats-Unis d'Amérique lançaient la guerre totale contre «le djihadisme» et étaient suivis par tous leurs alliés et autres serviteurs. Les cris de guerre étaient lancés de partout. À l'ONU, dans les capitales arabes et occidentales, c'était mort à Oussama Ben Laden et aux terroristes islamistes. La guerre était totale et sans merci. Des dizaines de pays s'étaient ligués pour éradiquer le phénomène. Des législations étaient promulguées partout dans le monde pour lutter contre le financement des associations liées à la criminalité et à la terreur.Onze années après, des pays financent ouvertement des djihadistes. D'autres leur offrent du matériel hyper sophistiqué de communication. Certaines chaînes de télévision les invitent sur leurs plateaux. L'Otan les a même soutenus en Libye pour permettre à ce pays voisin de sombrer dans le chaos et voir émerger une nouvelle classe politique toute issue du sérail de Kadhafi. On arme, on bombarde, on finance, on détruit des Etats, pour peu que les djihadistes fassent des morts chez eux, comme en Irak. L'essentiel réside dans la disparition des Etats «voyous».Cette logique qui prévaut chez les spin-doctors américains et autres, a le mérite de faire faire des guerres à des troupes non issues du pays. Cette démarche évite l'émotion et les critiques des citoyens américains, anglais et français. L'avis et l'opinion des Syriens, Libyens et autres citoyens du monde n'ayant pas d'impact sur les élections, le fait d'en faire de la chair à canons ne posent pas de problèmes aux politiques occidentaux, suivis en cela par les dirigeants des monarchies arabes qui ne connaissent pas les élections et ne craignent pas d'être destitués. Entre Barack Obama et Bush junior, la différence est là mais les objectifs à atteindre restent les mêmes. Le «11 septembre» n'a plus la même valeur. Il ne porte pas en lui les idéaux de démocratie, d'égalité et de liberté. La situation dans des pays comme l'Irak, le Pakistan, la Libye ou le Mali n'inquiète pas outre mesure tant que les intérêts des Etats ne sont pas touchés. Obama, Hollande et Cameron ne sont pas inquiets. Ils peuvent même expulser certains activistes de leurs pays au motif que la démocratie et les droits de l'Homme sont garantis par les nouveaux régimes. L'Algérie et les Algériens étaient heureux de voir le monde entier prendre conscience du fléau planétaire que constitue le terrorisme islamiste. Heureux de ne plus être seuls dans ce long combat contre un ennemi qui peut frapper partout et n'importe qui. Là où l'instabilité règne, les intérêts algériens sont visés. Le dernier exemple nous vient du Mali, où nos diplomates ont été pris en otage et des informations contradictoires circulent concernant le sort de l'un d'entre eux. Onze années après la destruction des tours jumelles, les luttes d'influence entre grandes puissances reprennent. Elles font toujours autant de morts et de destructions sans que les pays sous-développés n'y puissent grand-chose. Ingérences étrangères, absence de démocratie et ignorance sont le lot de ces pays du Sud qui ne savent pas exploiter leurs propres richesses. Onze années après, la méthode a changé mais l'objectif reste le même : «Changer les régimes pour mieux exploiter les richesses» avec un minimum de dégâts pour les Occidentaux. «La démocratie est le pire système de gouvernement,
à l'exception de tous les autres qui ont pu être expérimentés dans l'histoire», avait déclaré Winston Churchill, essayez-le avec des
djihadistes semblent nous dire les Occidentaux.
A. E.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amine Echikr
Source : www.latribune-online.com