Oran

On verra après



On verra après
Au départ, tous étaient unanimes. « El houkouma, disaient-ils, ne dors pas sur ses deux oreilles. Très vite elle va raser la première baraque qui a poussé. C'est normal que le gardien du chantier construise un abri pour dormir. Il est payé pour ça. C'est provisoire. Faut juste attendre la fin de chantier. C'est devenu une ville maintenant. Ce provisoire… Ce provisoire qui n'est devenu qu'un mot qui se cache derrière la permanence. Alors on décide une opération coup-de-poing.Branle-bas de combat, l'arrondissement est mobilisé, le génie et ses bulldozers aussi. Les écriveurs dans les journaux sont conviés, les caméras aussi, la camorra se frotte les mains. Ça sera un terrain de plus à morceler en lots à distribuer, des lots à bâtir des fortunes. C'est un bidonville qu'on rase. Un bidonville qui existe depuis des années. Un bidonville qui a commencé par la baraque du gardien du chantier d'une cité en construction. La cité a été réalisée. Les logements sont occupés, vendus et revendus. Entre-temps, le gardien et sa baraque sont restés sur place. Mais voilà que le gardien a marié son aîné qui a construit une autre baraque à côté. La belle-famille, profitant de cette nouvelle alliance, s'est installée dans une autre baraque... Tôle sur tôle, belmtol, c'est devenu un village. Des enfants y sont nés, scolarisés, boursiers à l'université ou boursiers (vendeurs de bourses) au marché. C'est donc des années après que les autorités se décident de raser.Où étaient-elles pendant tout ce temps ' Rabi b'khabrou...Une station, toutes les stations de taxis sont désertées par les véhicules jaunes. Ils préfèrent faire du ramassage. L'espace, déserté par ces autorités à garer n'importe où, est occupé par la première, deuxième, dixième voiture taxi-clandestin. La clientèle s'y habitue. Les clandos pensent que c'est un acquis et... des années après, on se mobilise pour remettre tout cela dans l'ordre...Où étaient les zotorités pendant toutes ces années. Rabi b'khabrou.«Karrou» sous une bâtima. Un deuxième «karrou» sous la même bâtima, un troisième «karrou», une quatrième année que des dizaines de «karrou» forment un marché de légumes sous la bâtima. La commune a renforcé les moyens de ramassage d'ordures à cet endroit, une vie s'y est organisée et la sécurité y est renforcée et... sanaouette après... c'est pas légal... Tout le monde doit déguerpir...Ouine kanou les zautorités pendant tout ce temps '


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