
Même si le début de la campagne électorale a été timide à Oran, cela n'a pas empêché la scène politique de s'enflammer dès la convocation du corps électoral au mois de janvier.Par petites touches, le décor a été planté pour vivre à cent à l'heure le rendez-vous du 17 avril prochain. La ville qui sait vivre ces moments de joutes politiques intenses a repris ses vieux réflexes et ses vieilles habitudes. La politique a retrouvé ses espaces et ses animateurs.On s'est préparé dans les starting-blocks pour entamer le marathon de la campagne plus vite que son adversaire et surtout mieux armé. Dans ce contexte, et même si les QG de campagne ont commencé à vibrer, la véritable température est à prendre au niveau au niveau des traditionnels lieux de rendez-vous. Ainsi, le «triangle des Bermudes», qui réunissait il n'y a pas longtemps les turfistes et autres courtiers a étreint la chose politique. Désormais, on s'y retrouve en fonction de sa couleur ou de ses politiques. Djawhara, Rotana et El Mordjane, des lieux qui empestent le café et le tabac froid, sont aujourd'hui devenus les lieux de rendez-vous des partisans, des courtisans et autres soutiens des candidats.Situés en plein centre-ville, ces cafés ont toujours constitué le parfait baromètre de la situation politique à Oran. Ils ont fait et défait des assemblées, ont fabriqué et démoli des carrières politiques. En un mot, ils ont constitué l'arrière-scène de la chose politique à Oran et pour cette fois, campagne électorale oblige, ils sont redevenus des lieux de rendez-vous incontournables pour tous ceux qui ?uvrent à la réussite du rendez-vous du 17 avril prochain.Café Rotana, un territoire neutreDes partisans du président Bouteflika à ceux des autres candidats, on s'accorde tous à faire de ce lieu situé sur la rue Lamartine, un territoire neutre où on peut venir discuter de la campagne, régler certains détails et se crêper le chignon. «Ici c'est la Suisse, on se rencontre de temps à autre pour régler certains détails et tirer certaines choses au clair. C'est le territoire où toutes les sensibilités peuvent s'exprimer.C'est un lieu où se règlent certains problèmes que la commission de surveillance de la wilaya n'arrive pas à solutionner», affirme Mourad, un baroudeur qui a été de tous les rendez-vous politiques à Oran et qui, pour cette fois, semble avoir choisi le camp des boycotteurs.Le café Rotana réunit ainsi les partisans de tous les candidats sans distinction. On s'y rend pour siroter un café mais surtout pour narguer l'autre, le sonder, ou pour discuter des programmes de la journée. «C'est pour éviter des quiproquos sur le terrain. Cela nous permet de clore un débat entamé au niveau de la commission de surveillance», affirme un partisan du candidat Moussa Touati.Djawhara, une réputation à défendreDe toutes les joutes politiques passées, le café s'est forgé une réputation de lieu de rendez-vous des forces agissantes dans la société.Djawhara est aujourd'hui le lieu de rendez-vous des soutiens du candidat Ali Benflis. Ils s'y retrouvent le matin, aux premières heures de la matinée pour faire le point de la veille et définir le programme de la journée. L'établissement qui fait face au siège du centre culturel Ibn Mahrez, siège traditionnel de la Commission de wilaya de surveillance des élections, a réuni depuis toujours ceux qui se réclament de la gauche, toutes les gauches, celles qui ont soutenu ou qui se sont opposées à toutes les politiques depuis l'indépendance.«On a choisi ce lieu pour nous rencontrer. Son emplacement stratégique nous permet d'en faire un espace où on peut faire et défaire la politique sans avoir la crainte de voir le débat chahuté par des avis contraires. Ici on est entre nous et on espère réussir la campagne de Si Ali», affirme Mohamed, un ancien de l'Organisation nationale des enfants de chouhada qui semble avoir choisi de laisser le choix libre à ses adhérents de se ranger aux côtés d'un candidat selon leurs convenances. Café El Mordjane, un nouvel espace pour un nouveau mandatLes habitués de ce café vous diront qu'il a toujours abrité des joutes entre les «pro et les anti» politique. Ils se sont incrustés dans l'espace pour chasser les turfistes et autres parieurs. Aujourd'hui, après avoir abrité les temps morts du match redresseurs-pro Saâdani du FLN, il a ouvert ses portes à la version réconciliée du FLN et aux militants du RND qui ont enterré eux aussi la hache de guerre pour ramer dans le même sens.«On est partisan d'un nouveau mandat pour le président de la République et nous sommes là pour le pousser vers la victoire», affirme Hakim, un militant du Rassemblement national démocratique. Pour lui le choix de ce café n'est pas fortuit.«Il est à un jet de pierre du siège de la direction de campagne de notre candidat, tout comme il n'est pas loin du siège de la commission de wilaya de surveillance de la présidentielle et du café Djawhara. C'est un endroit stratégique et dans la guerre qui se prépare, mieux vaut occuper les points névralgiques», précise-t-il. Aujourd'hui, les soutiens des candidats ont choisi leurs espaces de man?uvre. La chose politique a repris ses droits à Oran. Les guerres fratricides sont mises sous silence pour ramer dans le même sens, soutenir le même candidat. Mais cet unanimisme cache mal une guerre des tranchées qui semble avoir repris ses droits au FLN et au RND, à la faveur du retour sur le devant de la scène de Ouyahia et Belkhadem. Et en attendant, les panneaux d'affichage sont restés vides, mis à part quelques portraits du candidat Abdelaziz Bouteflika placardés à Aïn El Turck.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : F B
Source : www.letempsdz.com