
- Peut-on prédire précisément la date et le lieu d'un séisme 'Non ! La réponse est catégorique. Pour pouvoir calculer l'occurrence d'un séisme il faut connaître l'espace où il peut se dérouler, le temps et la magnitude. Ce sont trois paramètres fondamentaux que l'on ne peut pas déterminer avec précision. En Algérie, nous pouvons prévoir l'espace où peut avoir lieu un séisme ? le nord du pays étant une zone à forte sismicité ? et on peut également déterminer la période approximative, mais on ne peut pas déterminer la magnitude.Et ce travail de prévision reste hypothétique. En réalité, connaître ces trois éléments avec précision relève de l'impossible à partir des connaissances scientifiques dont nous disposons actuellement. La seule chose que nous pouvons faire est de déterminer l'espace où peuvent avoir lieu des séismes et se préparer à réduire les dégâts, notamment en appliquant les normes parasismiques dans les constructions.J'aimerais ajouter que prédire un séisme n'est pas forcément une solution. Si demain, nous pouvions prédire un séisme dans un lieu donné, nous inviterions les gens à fuir, à quitter la ville ' Cela produirait forcément une confusion, un chaos qui pourraient se révéler meurtriers. Le risque sismique en Algérie est là et il faut apprendre à vivre avec.- Pouvez-vous nous en dire plus sur le risque sismique en Algérie 'Pour répondre le plus simplement possible : le risque sismique se situe dans le nord du pays qui est sur les limites de deux plaques qui s'affrontent, la plaque africaine et la plaque euro-asiatique. Elles sont en mouvement continuel, lorsqu'il y a choc entre les deux, cela provoque la propagation des ondes sismiques.Ce qu'il faut rappeler, c'est que ce ne sont pas les séismes qui tuent, mais les constructions. La meilleure attitude à avoir est de savoir où et comment construire. En Californie ou au Japon qui sont des zones à fortes sismicité, des tremblements de terre de magnitude 7 font peu de victimes, contrairement à certains pays d'Europe ou d'Afrique. Cela est dû à une prise en charge du problème à sa racine, à savoir la construction aux normes parasismiques.L'Algérie, qui est un pays très jeune, est bien avancée en matière de recherche. Nous avons des équipes de recherche et de surveillance qui maîtrisent les risques, mais un problème se pose dans l'application des normes de construction qui requièrent une organisation sociale et politique. La démographie galopante et l'urgence dans le traitement de la crise du logement dans le pays fait souvent oublier des règles élémentaires?- En plus du problème d'application des normes parasismiques dans la construction, la population ne semble pas préparée aux catastrophes naturelles, ce qui amplifie les risques. En témoignent les cas de défenestration que l'Algérie a connus lors du dernier tremblement de terre?Tout à fait. Nous sommes condamnés à vivre avec les risques de séisme en Algérie comme ailleurs dans le monde. C'est la loi de la nature. Les cas de défenestration nous montrent qu'il y a un problème d'éducation qui passe par l'école. Le gouvernement devrait financer, comme ailleurs dans le monde, des programmes d'éducation afin de créer un lien entre les scientifiques et la population. Cette dernière entre facilement dans la panique face aux risques naturels par ignorance. Il y a un travail d'éducation à faire en la matière : expliquer aux jeunes et aux moins jeunes ce qu'est un séisme, les risques qu'il implique et le comportement à avoir lorsqu'il survient.- Comment pouvez-vous définir les séismes de la manière la plus simple possible ' Quel conseil pouvez-vous donner en la matière 'C'est une rupture du sol qui provoque une propagation d'ondes qui font bouger la terre. Celle-ci est dynamique, elle vit, elle est en mouvement et c'est naturel. La bonne réaction à avoir en cas de séisme est d'abord de s'informer. La population doit savoir quelles mesures prendre en cas de séisme. La première chose à garder en tête est de ne pas céder à la panique et à l'affolement, puis de se protéger en s'abritant, sous une table par exemple?J'aimerais insister sur l'éducation. Nous pouvons faire face aux risques sismiques. Le travail des chercheurs et des scientifiques doit être diffusé et pas seulement lorsqu'il y a des séismes. Il faut initier des programmes d'éducation aux risques naturels dans les écoles pour sensibiliser la population et lui apprendre le bon comportement à adopter.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Bouredji Fella
Source : www.elwatan.com