
La polémique entre le gouvernement algérien et l'UE sur l'absence d'une mission d'observation, si nous en avons pris connaissance, ne nous dit pas les raisons réelles du refus européen quant à participer à l'observation de l'élection présidentielle algérienne.L'on sait seulement que l'Union européenne a constaté, au terme du mémorandum rendu public le 27 mars 2013, qu'"aucun progrès notable n'a été enregistré dans la mise en ?uvre des recommandations de la mission d'observation électorale de l'UE" (qui a supervisé les législatives de mai 2012). Et que, parmi ces recommandations ? au nombre de trente ?, celle concernant la publication de la liste électorale est considérée par les Européens comme un point "essentiel et tout à fait décisif, si nous voulons aboutir à une réelle transparence des élections".Mais, dans la nouvelle stratégie de "campagne totale" qui engage toutes les institutions, la diplomatie ne pouvait être en reste, s'agissant de la mobilisation gouvernementale pour le quatrième mandat. La Ligue arabe et l'UA ne constituant pas vraiment des écoles de démocratie, Lamamra voulait-il peut-être combler ce déficit de crédibilité des instances observatrices quand il annonçait, il y a une semaine de cela, qu'" outre les experts des Nations unies et ceux de l'Union européenne, l'Algérie accueille également des analystes du National Democratic Institute américain et des personnalités indépendantes, essentiellement européennes".D'ailleurs, une de ces personnalités "indépendantes", Anne-Marie Lizin, ancienne présidente du Sénat belge, s'était illustrée, le 9 avril, en déclarant, après une entrevue avec notre ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, que "les institutions (algériennes) préparent très bien et de manière très sereine l'élection présidentielle".Le lendemain, elle récidivait, à l'issue d'un autre entretien, avec Mourad Medelci, se félicitant du "bon déroulement des préparatifs pour cette élection conformément aux standards internationaux en vigueur et aux garanties légales que le Conseil constitutionnel veille à respecter et à mettre en ?uvre en faveur de la régularité de ce scrutin". On peut donc dormir tranquille...Oui, mais si celle qui investit sa "notoriété" dans la crédibilisation anticipée de notre scrutin n'était pas, elle-même, sous le coup d'une récente condamnation (un an de prison avec sursis et dix mille euros d'amende et cinq ans d'inéligibilité !) pour... prise d'intérêt dans une opération électorale ! Bourgmestre de la ville de Huy et candidate au Sénat, celle-ci fut reconnue coupable d'avoir utilisé les employés municipaux pour distribuer des tracts de la liste qu'elle conduisait dans une élection fédérale pendant leurs heures de travail.D'ailleurs, la Déclaration de principes relative à l'observation internationale d'élections de l'ONU ne prévoit pas d'observateurs "indépendants", et encore moins d'observateurs "invités" ! Elle stipule que ceux-ci doivent être délégués et pris en charge par des ONG et des organisations interétatiques.Avec un tel déficit de légitimité, il fallait considérer l'Algérie comme un terrain en état de sous-developpement politique pouvant être dispensé de la norme internationale pour venir, ainsi, y faire la leçon de la régularité électorale.M. H.musthammouche@yahoo.frNomAdresse email
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mustapha Hammouche
Source : www.liberte-algerie.com