Les Moulins de M’dina Jdida en cours de démolition
Comme annoncé à travers ces mêmes pages, une décision a été prise par les pouvoirs publics pour la construction d’un parking à étages sur le site, anciennement occupé par l’unité 311180 des Moulins d’Oran, et situé au quartier de M’dina Jdida, à Oran.
Cette unité, l’une des plus importantes de l’Ouest, a été détruite en juin 1999, lors d’un incendie, dont l’origine n’a jamais été totalement élucidée. Depuis lors, plusieurs parties se sont intéressées à ce site dont la DGSN à qui le site a été proposé pour la réalisation d’une sûreté urbaine. Des bruits couraient ensuite sur l’éventualité d’y édifier un parking à étages. C’est, semble-t-il, maintenant, chose faite, puisqu’une équipe de démolisseurs est depuis quelques jours à l’œuvre. Devant ce développement, la section syndicale des Moulins d’Oran a vite réagi. Selon son secrétaire général, M. Taybi Mohamed, des protestations ont été faites aux autorités locales, auxquelles il a été demandé de respecter les droits des 136 travailleurs concernés.Hier, sur les lieux, une équipe d’ouvriers procédait à la démolition des ruines, au moment même où une autre s’affairait à démonter les charpentes et installations métalliques. Interrogé, l’entrepreneur chargé de la démolition a déclaré: «La wilaya d’Oran, plus précisément la DAL, m’ayant délivré un ordre de service en bonne et due forme pour démolir les lieux, je suis en train de l’exécuter. Très bientôt, j’utiliserai la boule de démolition pour être dans les délais». Prié de révéler la destination de l’assiette, notre interlocuteur a confirmé qu’elle allait recevoir un parking à étages.
Le président du Comité de participation des Moulins d’Oran et le secrétaire général de la section syndicale UGTA, également rencontrés sur place, ont manifesté leur ferme opposition, non pas au projet de réalisation d’un parking à étages, mais au procédé qu’ils qualifient d’expéditif et qui, à leur sens, bafoue les droits des travailleurs. S’exprimant au nom de ses mandants, M. Taybi Mohamed, déclare: «Les salariés ne sont pas contre la réalisation du projet, mais contre cette facilité d’ignorer leurs droits. Un transfert de propriété ou une expropriation pour cause d’utilité publique n’est pas synonyme de déni de droit. Les travailleurs ayant droit sur le site, ils réclament une indemnisation préalable et équitable, sinon, une compensation qui préserve leurs intérêts. L’Administration ayant fait fi de nos droits, nous sommes décidés à nous défendre en usant des voies légales.» Selon ce même syndicaliste, d’après les estimations, le site coûterait plus de 15 milliards. «Nous demandons à la wilaya de respecter nos droits et de nous indemniser sur la base d’une évaluation mutuellement acceptée», dit M. Belhaddar, président du Comité de participation qui est allé dans le même sens que le SG de la section syndicale, avant de poursuivre: «le litige opposant notre administration à la wilaya étant porté devant les tribunaux, je ne vois pas de quel droit l’administration s’arroge le droit d’entamer la démolition des moulins».
D’après certaines indiscrétions, le collectif des travailleurs serait en train d’étudier les meilleures voies et moyens pour faire prévaloir ses droits sur l’unité visée. L’organisation, dans un premier temps, d’un sit-in est envisagée pour s’opposer à la démolition, tant que la wilaya ne s’est pas engagée à les dédommager et que la justice ne s’est pas définitivement prononcée. Affaire à suivre.
M. Nemili
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com