Oran - Revue de Presse

Obama ? Amitiés...au bas mot !



Le président français a déclaré à tout le monde, et un peu plus d'ailleurs, qu'Obama était son copain. Lui qui a déjà annoncé son amitié avec Bush et ses « familiarités » avec McCain, n'a pas hésité, lors de la venue du candidat démocrate à Paris, à rassurer journalistes, politiciens et citoyens, tout court !

L'un des problèmes qui se posent est de savoir ce que Sarkozy entend par ami ou copain, parce que, et nul ne le contestera, lorsqu'on est au sommet de la pyramide d'un pays comme la France, on ne peut pas se permettre de grands écarts comme ceux consistant à mettre une jambe dans l'assiette démocrate et l'autre dans la bouilloire républicaine.

Par ailleurs, en disant aux journalistes que, contrairement à ses conseillers, il n'a jamais pensé que Hillary Clinton serait désignée, Sarkozy commet plusieurs impairs à la fois. D'une part, il souligne l'incapacité de ses propres conseillers, ceux qui l'ont mené au pouvoir, à saisir un phénomène aussi visible et flagrant que même le garçon de café de mon quartier n'a pas eu de peine à percevoir. D'autre part, il décrète, comme ça et sans en donner la raison, Hillary Clinton inapte à concurrencer son rival dans la course à la présidence des Etats-Unis, ce qui, dans le monde de là-haut, devrait inquiéter plus d'un.

D'un autre côté, et s'il ressort avec fierté et orgueil son amitié avec Obama à un moment où, et tout le monde le sait, une campagne sournoise est en train de se préparer pour barrer la route à ce premier candidat sérieux de couleur, Sarkozy est en train de s'enfoncer dans une ruelle trop étroite et dans laquelle il sera sans doute appelé à faire beaucoup de manoeuvres si McCain venait à être élu.

A moins que le voyage d'Obama en Israël n'ait contribué à changer beaucoup de choses dans certaines têtes et que Sarkozy aurait été désigné par ces mêmes têtes pour annoncer ce changement au monde.

Les lectures, comme on le voit, sont nombreuses, d'autant plus que l'expérience des hommes sur terre déborde d'idéaux trahis, d'attentes trompées, d'espoirs poignardés par ceux-là mêmes qui, au début de leur chemin, en prennent l'étendard.

Terrible est le pouvoir aussi bien par la fascination qu'il exerce sur ceux qui cherchent à l'avoir que par les changements qu'il induit dans le comportement de ceux qui l'ont déjà. Sur le sentier du pouvoir, il est rare, voire extrêmement rare de reconnaître les hommes, et peu importe qu'il s'agisse de ceux qui agissent (les acteurs) ou de ceux qui leur facilitent l'action (les facilitateurs).

Alors, pour Obama, était-ce, au bas mot, des amitiés que s'est chargé Sarkozy de transmettre ? On verra bien dans quelques mois !


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