Des milliers d'habitants de Santiago, pourtant habitués aux séismes, ont
vécu une nuit de terreur, jetés hébétés dans les rues de la capitale samedi par
une secousse de magnitude 8,8 qui a fait au moins 147 morts, principalement
dans le centre du pays, à quelque 300 km de la capitale.
Dans les patios, les cours des immeubles, dans les rues de Santiago, des
gens en pyjama ou tenue de nuit se sont précipités, paniqués, après la longue
secousse qui, selon des témoins, a duré plus de deux minutes et plongé la
capitale de 6 millions d'habitants dans l'obscurité totale. «Vous allez tous
bien ?». Entre quelques pleurs d'enfants apeurés, les gens prenaient des
nouvelles autour d'eux, incrédules d'être sains et saufs après une secousse si
massive, qui avait fait trembler leur maison, tomber les cadres et les
étagères, fissuré des murs.
«C'est la pire que j'ai connue de
ma vie», soufflait Sebastian dans la cour d'un lotissement de Nunoa, dans l'est
de la capitale. «Ma maison s'est mise à trembler comme de la gélatine», a
raconté un journaliste de l'AFP, dont le domicile a été endommagé, avec
quantité de mobilier jeté à terre.
Dans les rues, l'obscurité
ajoutait à l'angoisse, comme les communications téléphoniques impossibles,
alors que les gens s'efforçaient de prendre des nouvelles de proches, d'amis.
Au petit matin, les rues offraient le spectacle de groupes de gens en pyjama,
se mêlant à des grappes de jeunes sortis de boîtes de nuit.
Les voitures passaient prudemment
aux carrefours, rendus périlleux par l'absence de feux de signalisation. Une
vingtaine de répliques, d'une magnitude égale ou supérieure à 5, dissuadaient
beaucoup de Santiaguinos de regagner leur domicile dans la matinée, malgré les
appels au calme des autorités et la recommandation express de rester dans les
foyers «sauf nécessité urgente». A plusieurs reprises dans les premières
heures, la présidente Michelle Bachelet, extrêmement populaire auprès des
Chiliens et qui termine son mandat dans dix jours, est intervenue à la
télévision, pour transmettre un message de calme.
L'aéroport fermé pour 24 heures
au moins, des bretelles d'autoroutes urbaines affaissées, des églises gravement
endommagées comme celle de la Divine Providence dans le centre-ville, de
nombreux bâtiments lézardés, avec des bouts de corniche à terre : la capitale a
souffert. Mais avec un recul de quelques heures, elle paraissait avoir
relativement résisté au séisme, qui a surtout frappé la région de Concepcion,
du Maule, de l'Araucanie, à 300-400 km au sud-ouest de la capitale, où a été
déclaré un état d'urgence local.
De premières images de télévision
de Concepcion montraient des bâtiments effondrés, un centre historique
gravement endommagé, des ponts effondrés.
Des radios de Santiago citaient
des témoins rapportant des scènes «dantesques» de destruction dans des villages
de la région. Aucun bilan officiel précis des dégâts dans cette zone n'était
disponible une dizaine d'heures après le séisme.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Moisés Avila Roldan De L'afp
Source : www.lequotidien-oran.com