Soupçonnant l'Iran de développer un programme nucléaire militaire, les
puissances occidentales du groupe des cinq+1 exigent de ce pays qu'il renonce à
enrichir son stock d'uranium sur son territoire même à hauteur de 20%, faible
pour la fabrication d'une bombe atomique. Pour leur part, les dirigeants de
Téhéran refusent la proposition qui leur a été faite par les cinq+1 d'échanger
leur stock d'uranium en contrepartie de la fourniture de celui enrichi à 20%
que leur fourniraient un ou des pays du groupe, le tout devant être fait hors
Iran dans l'un ou l'autre de ces pays.
Si la crise du nucléaire iranien
persiste uniquement à cause de cet obstacle de la domiciliation de
l'enrichissement de l'uranium, alors a priori l'accord signé lundi à Téhéran en
marge du sommet du G15 qui s'est tenu dans cette capitale devrait a priori en
faciliter la levée. L'accord signé entre le Président iranien celui du Brésil
et le Premier ministre turc prévoit en effet que cette opération aura lieu en
Turquie. Ce que refuseront très certainement les puissances occidentales
membres du groupe des cinq+1 qui veulent en réalité obliger le régime iranien à
passer par leur propre exigence qui est que c'est à elles de décider où et
comment cette opération se fera. Elles prendront prétexte que les garanties
données par les Etats brésilien et turc n'ont pas toute la sûreté qu'elles
veulent. Il n'empêche, en acceptant l'accord proposé par ces deux pays, les
dirigeants iraniens ont incontestablement marqué un point diplomatiquement. Ils
prouvent ainsi, à la communauté et à l'opinion internationales qu'ils ne
rejettent pas le principe d'une intervention étrangère dans le processus de
l'enrichissement de leur uranium.
Dans le cas quasi certain, où les
puissances occidentales du groupe des cinq+1 refuseront d'entériner l'accord,
ils sont assurés de la solidarité des deux Etats qui l'ont contresigné et plus
largement de celle de tous les autres qui y voient l'issue raisonnable à la
crise du programme iranien.
Les Occidentaux cultivent une
méfiance sans appel envers le régime iranien au point qu'ils le pensent
incapable de pragmatisme. L'accord de Téhéran dément catégoriquement leur
vision. Les Iraniens ont fait un geste d'apaisement qu'il sera difficile pour
les puissances occidentales d'ignorer. A moins de confirmer ce que les Iraniens
n'ont cessé de dénoncer dans l'attitude de ces puissances à l'égard de leur
pays. A savoir qu'en cherchant à obliger l'Iran à passer par elles pour
l'enrichissement de son uranium, elles visent à créer le précédent leur
permettant d'avoir le monopole de ce genre d'opération. Un monopole que les
Iraniens ont le mérite de constater à leur façon. Car au-delà de leur refus de
la prolifération de l'arme atomique, c'est ce but que ces puissances
poursuivent dans la perspective de l'inévitable montée en puissance du
nucléaire dans la production d'énergie pour les décennies à venir.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Ecrit par : Kharroubi Habib
Source : www.lequotidien-oran.com