L'actuel directeur de l'école des beaux-arts de Sidi-Bel-Abbès a exposé 102
tableaux.
Le rez-de-chaussée du siège de l'école Pigier, sis à la rue des SÅ“urs
Benslimane, reçoit du monde depuis le 11 janvier dernier. Cet espace est
désormais attribué à la galerie d'art Lotus qui a programmé une série
d'expositions de peintres tout au long de l'année en cours.
Mais c'est à Abdelkader Belkhorissat qu'est revenu l'honneur d'inaugurer
ce cycle d'expositions consacrant la collaboration entre cette école et la
galerie Lotus. L'actuel directeur de l'école des beaux-arts de Sidi-Bel-Abbès a
exposé 70 tableaux.
En fait, une rétrospective de sa
trajectoire artistique, longue de trente ans, où s'entremêlent plusieurs styles
de peinture et autant de sources d'inspiration. Le nombre impressionnant des
toiles, sur des supports différents et de tailles différentes, a rendu
l'appréciation de cette exposition, qui se prolongera jusqu'au 3 février
prochain, un peu difficile.
Mais la série de tableaux se
rapportant à Oran se dégage du lot. Cette série traduit bien la touche
reconnaissable de Belkhorissat. S'inscrivant dans le figuratif, le peintre use
de technique particulière privilégiant le flou, d'une part, et le recours aux
couleurs pastel, d'autre part. Ce qui laisse toutes les latitudes au récepteur
de lire ou de décrypter la toile.
Certaines toiles, notamment
celles intitulées «Quartier populaire», «Centre-ville d'Oran», dégagent un
sentiment de nostalgie très prononcé. On peut dire autant de «Porte
d'autrefois» où la décrépitude le dispute à la grandeur. Lors de cette
exposition, Belkhorissat a laissé transparaître sa «fascination» pour les
vieilles pierres. Sans sombrer pour autant dans le cliché.
Les portraits, traduisant un
mélange de styles, occupent une bonne place dans la présente exposition de
Belkhorissat. «Majestueux Targui» nous rappelle étrangement une autre toile de
ce même peintre intitulée «L'homme bleu», datant de 2007. Avec cette différence
cependant : cette dernière Å“uvre est dépourvue de coups de pinceau de couleur
sombre qui brouillent la vision. Apparemment, Belkhorissat répugne
l'illustratif. Il opte volontairement pour la capture furtive. Ce qui confère
du mouvement à ses toiles.
S'expliquant sur ce point, il
dira : «La peinture pour moi est l'espace qui me sépare de l'objet que je
peins». Donc, forcément, cet espace ne peut être que mouvant. Cependant, «Femme
voilée» augure un autre style. Cette toile, elle aussi reproduite par le
peintre plus d'une fois, se distingue par rapport au reste par l'usage des couleurs
plus prononcées, usage pas très courant chez Belkhorissat. En obéissant
uniquement à son inspiration du moment, en puisant ses sujets dans le
quotidien, ce peintre déroute plus d'un.
On dirait qu'il refuse d'être
catégorisé, d'être inscrit dans un style ou dans un courant pictural bien
défini. Peut-être cette volonté de rester fluide, de sauter d'un registre pour
s'inscrire sur un autre, trouve son explication dans le fait que Belkhorissat
est autodidacte. En tout cas, on relève chez lui une volonté de désertion des
courants savants de la peinture. Et on aime sa manière de se particulariser.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Ziad Salah
Source : www.lequotidien-oran.com