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"Nous sommes prêts à condition...."



L'Etat est prêt à accompagner les opérateurs désireux de placer leurs capitaux en AlgérieBien que les deux pays aient signé 40 accords et mémorandums d'entente, les émirats arabes unis ne sont toujours pas assez rassurés pour injecter plus de 10 milliards de dollars dans le marché algérien.«Si, les hommes d'affaires ont un rôle à jouer pour renforcer la coopération entre les Emirats arabes unis et l'Algérie, les gouvernements des deux pays sont aussi appelés à mettre les conditions pour une coopération prospère», a déclaré le ministre de l'Industrie et des Mines, Abdessalem Bouchouareb, à l'ouverture, hier, du Forum d'affaires algéro-emirati qu'il a présidé. Cette déclaration, conjuguée à un appel oppressant en direction des investisseurs étrangers à venir s'installer en Algérie, s'est voulue, à n'en point douter, l'expression de l'engagement de l'Etat à faciliter l'investissement et accompagner les opérateurs désireux de placer leurs capitaux en Algérie. «Le gouvernement est résolu à accompagner l'investissement productif», a-t-il ajouté dans ce sens en énumérant les différents avantages institués dans le cadre du nouveau Code d'investissement, notamment dans les secteurs des mines, de l'agriculture, de l'industrie mécanique et de la pétrochimie.Abdessalem Bouchouareb a également mis en avant la situation qu'occupe l'Algérie dans le pourtour méditerranéen et en Afrique, en affirmant qu'elle figure parmi les pays les plus présents et les plus influents dans la région Mena et dans le continent noir. Il a cité entre autres, pour illustrer son propos, l'action diplomatique intensive de l'Algérie en Afrique, le lancement du port international du Centre et «la route de l'Unité africaine».Toutefois, ce qui semble être des atouts exceptionnels pour Bouchouareb, ne retient pas vraiment l'attention des Emiratis qui, eux, exigent plus de facilités et un arrimage sur les normes économiques internationales. «En matière de climat des affaires, les Emirats arabes unis sont classés premier dans le Monde arabe. Au niveau international, nous étions à la 34ème place en 2015 et nous occupons la 26ème place cette année. Nous sommes en phase d'atteindre les standards internationaux en la matière. De fait, nous ne travaillons que dans les pays qui offrent des conditions se situant au niveau de ces standards. Pour ce qui est de l'Algérie, elle doit accorder plus de facilités et de privilèges au privé, notamment dans le cadre de partenariats entre des entrepreneurs des deux pays. Nous ne sommes pas contre l'investissement public, mais il ne doit pas gêner l'investissement privé. De plus, l'Etat doit protéger les investissements», a indiqué le ministre des Finances des Emirats arabe unis, Obaid Humaid Al Tayer, en faisant allusion à la règle des 51/49%, au droit de préemption, ainsi que la réglementation des changes qui constituent, selon lui, un vrai obstacle à l'épanouissement des investissements étrangers en Algérie. Ce faisant, il n'a pas manqué de rappeler que les échanges entre les deux pays sont très en deçà des potentialités qu'ils recèlent. «Les échanges entre l'Algérie et les Emirats ont été de l'ordre de 1 milliard de dollars en 2015. Pour le premier semestre 2016, ils n'ont pas dépassé les 260 millions de dollars. Pourtant, beaucoup de potentialités existent. En matière d'investissements, les Emirats ont investi 10 milliards de dollars en Algérie. Mais ces chiffres restent très modestes par rapport aux opportunités qui existent», a-t-il affirmé.De son côté, le président du FCE, Ali Haddad, a déclaré que, malgré les relations très fortes qui lient les deux pays, leurs échanges et leur coopération reste très limités, voire déplorables. «Les échanges entre les deux pays représentent à peine 0,4% des échanges globaux de l'Algérie. Les exportations de l'Algérie vers les Emirats ont baissé de 24% et les exportations des Emirats vers l'Algérie ont augmenté de 27%. La présence émiratie en Algérie se limite principalement à deux secteurs: la finance et l'immobilier. Cette situation doit changer. Nous devrions coopérer dans tous les domaines», a-t-il tonné en soulignant que «les 40 accords et mémorandums d'entente signés entre les Emirats arabes unis et l'Algérie constituent une excellente plate-forme sur laquelle pourrait se baser une nouvelle étape dans la coopération bilatérale. Même son de cloche de la part du président de la Caci, Laïd Benamor, qui a plaidé solennellement pour la relance des échanges entre les deux pays, en précisant que le marché de détail émirati représente à lui seul pas moins de 35 milliards de dollars/an.Pour M.Agadir, directeur de la promotion des investissements au ministère de l'Industrie et des Mines «selon le nouveau Code des investissements, peuvent être détenues des parts de marché par plusieurs opérateurs algériens, la cession des actions d'une entreprise de droit algérien à des investisseurs étrangers est soumise à autorisation uniquement quand les actions dépassent les 10% du capital de l'entreprise. Pour ce qui est de la règle des 51/49% elle est déplacée vers la loi de finances et désormais, les 51% peuvent être détenus par plusieurs opérateurs nationaux, ce qui permet aux partenaires étrangers d'être les actionnaires majoritaires dans tous les partenariats», a-t-il expliqué.
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