La Nouvelle République : Voulez-vous avoir la gentillesse de vous présenter à nos lecteurs ' Menassel Saddik : Ecoutez, je suis issu d'une famille algérienne, natif d'un village situé près de Tébessa. J'ai grandi au milieu d'une famille très pratiquante.
C'est dans cette ville de l'est que j'ai étudié avant d'aller à Annaba, puis en France où j'ai suivi mon cycle universitaire. J'appartiens à une famille révolutionnaire étant donné que mon père est moudjahid. Mon frère est un chahid. J'ai autre frère résistant, et moi-même je suis un ancien moudjahid. Ma famille et moi avons participé à la lutte de Libération nationale dès le début de la guerre en 1956. En 1957, mon frère est tombé au champ d'honneur juste à mes côtés, et moi-même sérieusement blessé, j'ai dû être critique à Belgrade en Yougoslavie, et c'est là en convalescence que j'ai poursuivi mes études pour finalement obtenir en 1959 le diplôme de docteur; c'est à cette date que j'ai rejoint l'état major de l'Armée de Libération nationale, où j'ai occupé des postes de responsabilités. Quand j'ai intégré l'ALN, j'ai fait le serment ma main sur le Saint coran ne jamais trahir mon pays et de suivre les préceptes de l'islam scrupuleusement. Qu'est-ce qui a motivé votre décision de vous engager dans la politique ' Je me suis retiré du circuit administratif disons en 1980, parce que j'ai senti que l'esprit du 1er Novembre 54 n'était plus respecté. Les droits du peuple n'ont pas été respectés, alors j'ai préféré rester chez moi. C'est après ma rencontre avec l'ancien président de la République, Liamine Zéroual que m'est venu l'idée de créer un parti politique, entre temps il y a eu la démission de Zéroual et les élections présidentielles. Alors, j'ai décidé de me présenter à la magistrature suprême comme candidat libre. J'ai réuni à l'époque, si j'ai une bonne mémoire, 85 000 signatures et quelques poussières. Quand j'ai vu que les élections n'étaient pas transparentes j'ai décidé de me retirer après avoir déposé mon dossier de candidature au Conseil constitutionnel. Vous allez dans quelques jours organiser le congrès de l'Alliance démocratique des Algériens. Quels sont vos objectifs ' Tout d'abord, je vais vous dire ceci: Un médecin, sa mission est de soulager la souffrance des malades et un parti qui n'essaie pas de soulager le citoyen, n'est pas un parti politique, donc, notre rôle est essentiel, ce n'est pas le fait d'avoir un siège, ce n'est pas a priori la recherche d'une responsabilité, ce n'est pas la préoccupation pour occuper de poste de wali, celui de président ou de ministres, ou de je ne sais quoi ! Ce qui importe pour nous, c'est de nous occuper des citoyens à partir de la commune, puis des autres institutions étatiques pour essayer d'abord de répondre positivement aux besoins des citoyens. Donc, vous vous engagez pour les prochaines élections locales ' Effectivement ! Dans le cas où le ministère de l'Intérieur nous agrée rapidement après la tenue de nos assises. Avez-vous une alternative politique pour le peuple algérien qui réclame le changement et de véritables réformes ' Ecoutez, nous avons pour souci le respect des droits de l'Homme. Le droit doit être respecté, le droit de la liberté d'expression est une priorité et une exigence de la société. Ce droit, il faut qu'il soit respecté. C'est-à-dire que vous êtes pour la liberté individuelle et le droit à la liberté d'expression ' Je suis pour la liberté individuelle, pour la liberté collective, pour l'accès à l'information, pour l'école gratuite et de qualité pour tous les enfants sans exception. Bien sûr qu'il faut penser à apporter des réformes pour soulager les citoyens, aussi, quand je disais s'occuper du citoyen cela voulait dire que c'est à partir de la commune et de la cellule familiale qu'on peut apporter du positivisme au citoyen en commençant par attribuer aux Algériens tous leurs droits, tout en insistant pour qu'ils accomplissent l'ensemble de leurs devoirs envers la société en général, envers la commune, envers la cellule familiale, envers ses voisins, et envers l'Etat. Parce que si un citoyen ne connait pas ses droits et ses devoirs, il ne peut pas être un citoyen normal ; il faut partir de ce principe. Si le citoyen ne sait pas respecter son voisin, ne se soucie pas d'emmener son enfant à l'école, s'il ne sait pas tenir une conduite exemplaire devant ses enfants d'abord ... ne pourrait être un citoyen à part entière. Voilà ! Le peuple algérien était un peuple sain; avant l'indépendance, les voisinages étaient sacrés. Le voisin demandait à son voisin s'il avait besoin de quelque chose. Il y avait une véritable entraide malgré la misère, malgré la colonisation, malgré l'ignorance, et malgré tant de facteurs désobligeants. L'Algérien a été de tout temps hospitalier et généreux. Aujourd'hui, il y a le fait que des gens qui ont immigré pendant la Libération nationale dans des pays voisins ou en dehors, ont importé des coutumes, ces gens là, ils sont revenus avec une culture étrangère au peuple algérien. Il y a eu une réelle dépersonnalisation. On a importé des modèles de société qui ne sont pas les nôtres. Aujourd'hui la demande d'un simple papier administratif est sujet à des pratiques malsaines, monnayables. Les maux sociaux que nous connaissons sont des produits d'importation. La corruption est une graine mortelle, elle est mortelle, oui, c'est pourquoi nous allons nous atteler à ce que le civisme s'apprenne et se fasse à partir de la commune, de la cellule familiale et à partir de l'école. Avec l'aide de Dieu nous combattrons ce fléau. Il faut procéder à l'amputation de cette gangrène coûte que coûte. L' Algérie vit depuis les années 70 des crises majeures dont celles du logement et de l'emploi. Votre parti a-t-il un programme pour atténuer, voire éradiquer ces deux contraintes majeures pour notre développement ' Ecoutez, effectivement, c'est un problème qui se pose non seulement à l'Algérie, mais aussi un peu partout dans le monde, et pour nous, l'Alliance des démocrates algériens, nous avons pensé à la Touisa. C'est-à-dire ' Nous pouvons éventuellement dans le cas où il y a encore des assiettes à construire, au lieu de faire appel aux Chinois, et je ne sais pas qui encore. Nous irons à titre d'exemple dans une commune où il y aurait mille personnes demandeuses de logements, dégager des terrains constructibles, dégager des lots de terrains propres à la construction dans le cadre des programmes sociaux, ou participatifs, qu'importe la formule, l'essentiel est de déverrouiller l'accès au foncier constructible. Au lieu d'attribuer à des entreprises de construction suite à des appels d'offres les projets, nous pensons procéder différemment en associant le bénéficiaire à toutes les étapes de l'édification de sa future maison ; primo, pour faire baisser les coûts de production, secondo, nous allons faire appel au concours des prisonniers pour les rendre utiles à la société, ceci pour rentabiliser les projets, et pour soulager les contribuables d'une facture très lourde, celle de la prise en charge des prisonniers sans contrepartie pour la société. Aujourd'hui, la main d''uvre représente un coût deux fois plus élevé pour le logement. Le prix de revient est multiplié par deux. Toute cette population carcérale pourrait être utile à la collectivité, de plus c'est l'occasion de bien préparer la réinsertion dans la société des prisonniers. Vous êtes pour une économie libérale ou dirigée ' Dans le monde, il y a deux types de gestion des affaires publiques. Une gestion basée sur la liberté d'entreprise, et un modèle managérial socialiste, donc forcément protectionniste. En Algérie, nous n'appliquons ni la première formule, ni la seconde. On n'arrive sincèrement pas à nous positionner durablement sur la manière dont doivent être gérées les affaires publiques. Nous ne sommes ni socialistes, ni capitalistes au sens étymologique des termes. Nous avons des difficultés à gérer les deniers publics et à créer des emplois dont la population a tant besoin. Pour simplifier, je vais vous donner un exemple de mauvaise gouvernance. Actuellement en dépit de la crise du chômage, les entreprises chinoises nous ramènent des milliers d'ouvriers du bâtiment , comme si l'Algérie n'en posséde pas de man'uvres, ni de maçons, ni de plombiers qualifiés, alors que le pays possède de sérieuses références en construction. D'autre part, on peut franchement désigner par l'appellation d'investisseurs, des étrangers qui viennent s'installer en Algérie dans le secteur tertiaire, celui des services ' Ouvrir un restaurant, est-ce un investissement ' Qu'attendez-vous de ce congrès qui se déroulera du 14 et 15 septembre à Tipasa ' Nous allons Inch'Allah débattre du programme avec les congressistes, et les militants pour décider de son adoption. C'est aux congressistes de décider. Une fois le programme retenu, celui-ci sera publié. Aujourd'hui, il est prématuré de le rendre public, mais je peux cependant vous donner les grandes lignes. Notre parti s'interdit le recours à la violence sous toutes ses facettes, ainsi qu'à entretenir des liens avec des partis au sens large qui la prônent pour le règlement des différends que ce soit au plan national, ou international. Nous sommes pour la liberté d'expression, pour les libertés individuelles, pour la liberté de culte, pour la liberté d'expression. Nous sommes pour que l'Etat assure la protection des citoyens et leurs droits d'association. Nous sommes pour la médecine gratuite pour ceux qui ne peuvent se payer des soins, et des médicaments ; dans ce contexte nous 'uvrerons à développer et à moderniser les infrastructures hospitalières, de manière efficace, de sorte à ce que les Algériens n'éprouveront plus le besoin d'aller se soigner à l'étranger, parce que nous aurons chez nous toutes les dernières technologies disponibles en matière de santé pour ce qui est des équipements, et un personnel hautement qualifié pour prodiguer les soins aux malades. Globalement, nos actions tenteront au mieux de satisfaire les besoins des citoyens. Nous ferons le nécessaire pour que nos formateurs à tous les niveaux puissent donner un enseignement de qualité tout en encourageant la recherche.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amar Khelifi
Source : www.lnr-dz.com