Mohamed Flissi, l'international boxeur algérien, était considéré comme un potentiel médaillé aux derniers Jeux olympiques de Tokyo au vu de son brillant palmarès au niveau africain et mondial. Hélas, il a représenté l'une des plus grosses déceptions de la boxe algérienne en s'inclinant dès le premier tour face à un adversaire, certes qui a atteint la finale, mais qui était à sa portée. Retour sur une participation que l'intéressé juge lui-même catastrophique.Le Soir d'Algérie : La boxe algérienne a subi un K.-O. général à Tokyo. Comment l'expliquez-vous '
Mohamed Flissi : C'était une véritable catastrophe et ce fut très dur. Je dois dire que notre préparation a été perturbée et j'avais alerté, bien avant notre départ pour le Japon les membres de la fédération ainsi que les représentants du ministère de la Jeunesse et des Sports sur le fait que notre préparation n'était pas du niveau des J.O.
Et quelle a été leur réponse '
Ils nous ont simplement dit d'aller au Japon pour faire de notre mieux.
Vous pensez avoir fait de votre mieux en vous inclinant dès le premier tour '
Ce qui est rageant, c'est que tous les boxeurs que les Algériens ont affrontés ont remporté des médailles ; ce qui veut dire que nous n'étions pas loin des meilleurs. D'ailleurs, l'adversaire qui m'a battu a atteint la finale et lors de mon combat avec lui, je ne pensais pas avoir perdu.
Vous pensez avoir été victime de l'arbitrage '
Non, je n'en veux pas aux arbitres. C'était un combat ennuyeux et mon opposant a surtout essayé d'éviter la confrontation. Pour moi, le combat était équilibré et j'étais vraiment étonné quand il a été déclaré vainqueur.
Au vu de votre palmarès africain et mondial, vous étiez un des rares espoirs de médaille. La déception était grande '
Franchement, j'étais optimiste pour la médaille et je ne pensais pas sortir aussitôt. J'étais effondré et pour moi cela a représenté une grosse déception et une catastrophe.
Les problèmes chroniques au niveau des fédérations se sont répercutés négativement...
Certainement que ces problèmes ont eu leurs conséquences négatives, mais à cause du Covid-19, on est restés presque une année sans boxer. En outre, on n'a pas pu effectuer des stages à l'étranger, comme d'habitude, vu que les pays avaient fermé leurs frontières à cause de la pandémie. Et, il faut le dire, notre préparation était trop faible pour pouvoir se mesurer aux meilleurs du monde.
Lors des prochains JO de 2024, vous aurez 33 ans. Vous y songez '
Non, je pense que c'était ma dernière participation aux JO. Et si je continue, c'est pour représenter l'Algérie aux prochains Jeux méditerranéens qui se dérouleront à Oran. Je pense qu'avec mon expérience et mon vécu, je peux ramener une médaille pour le pays. Quand aux JO, je voulais sortir par la grande porte, mais dommage, c'est par la petite porte que je pars.
Passé la déception, vous changeriez d'avis '
À vrai dire, je vais passer à un poids supérieur et si dans cette catégorie, je me sens bien, peut-être que je viserai les JO de Paris en 2024.
Propos recueillis par Hassan Boukacem
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Hassan Boukacem
Source : www.lesoirdalgerie.com