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Notre hommage contre l'oubli



Notre hommage contre l'oubli
Les années passent, mais son nom est resté dans l'Histoire. Il y a 21 ans, le 13 février 1995, disparaissait Azzeddine Medjoubi, fauché par des balles assassines. Aujourd'hui, malheureusement, la nouvelle génération ne connaît de lui que le nom et le drame d'une disparition.Les années passent, mais son nom est resté dans l'Histoire. Il y a 21 ans, le 13 février 1995, disparaissait Azzeddine Medjoubi, fauché par des balles assassines. Aujourd'hui, malheureusement, la nouvelle génération ne connaît de lui que le nom et le drame d'une disparition.Chaque année à l'occasion de cet anniversaire tragique, un rassemblement est organisé sur le lieumême du drame. L'épouse du regretté appelle chaque année tous ceux et toutes celles qui l'ont connu à venir lui rendre hommage devant l'enceinte du Théâtre national algérien (TNA), Square port Saïd à Alger, pour ce souvenir de l'homme qu'il était, de l'artiste exceptionnel qui le restera malgré les années qui passent.La Télévision nationale (ENTV) programme chaque année la diffusion de son chef-d'oeuvre Hafila tassir. Mais aucune autre manifestation n'est prévue pour lui rendre un véritable hommage, même pas à l'Institution qu'il a servi pour lui donner un nouveau souffle et où il est mort au champ de batail de la résistance.Dans les « grandes sphères » de la culture algérienne, on préfère sans doute fêter et honorer une culture d'autrui avant la sienne ; l'éternel complexe du colonisé ! Alors que le dramaturge a été victime de la violence islamiste à l'instar de beaucoup d'artistes, intellectuels, enseignants et journalistes. La liste est malheureusement longue de ces personnes qui ont risqué ou carrément payé de leur vie pour vivre dans la liberté.Le dramaturge Abdelkader Alloula, militant des droits de l'Homme et directeur du Théâtre régional d'Oran, est abattu, lui aussi, au sortir de son domicile le 10 mars 1994. Matoub Lounès, chanteur et militant berbère, est enlevé et relâché après avoir été « condamné à mort et gracié » le 26 septembre 1994.Cheb Hasni, l'un des plus célèbres chanteurs de raï, est assassiné à Oran le 29 septembre 1994. Le cinéaste Djamel Fezzaz est grièvement blessé à Alger, le 6 février 1995. Azzeddine Medjoubi a monté des pièces de théâtre pour la radio et pour la télévision. Les auditeurs de la Chaîne III ont en mémoire cette voix de stentor qui accompagnait Djamel Amrani dans son émission consacrée à la poésie.L'engagement de Azzedine Medjoubi, perceptible sur scène, est également un engagement physique qui s'est traduit par des prises de position. Lors de la suspension du journal Le Matin, en juillet 1992, il a fait partie du Collectif des amis du journal qui ont revendiqué la levée de la mesure de suspension frappant ce quotidien et la presse en général. Medjoubi était connu pour son franc-parler, il était dénué de toute démagogie.L'on se souviendra de sa réponse à Djamel Amrani relative au choix de l'un de ses personnages : « J'ai accepté les risques. Ce personnage véhicule le vécu de chaque citoyen, il est dénonciateur, contestataire, il est multiple, il est pluriel. Il s'oppose à toute forme d'exploitation et cela m'a tenté... N'oublie pas que je n'ai jamais campé des personnages lyriques ou proprement romantiques auparavant.J'ai toujours tenu des rôles d'hommes combatifs, qui se rebellent, qui n'acceptent pas leur sort avec résignation. » Le choix de personnage s'inscrit dans le courant du théâtre engagé, émancipateur et libre. Ayons en mémoire Hafila Tassir, jouée en 1985 au TNA avec une mise en scène de Ziani Chérif Ayad. Cette pièce a été jouée sous le titreLe voleur d'autobus, un texte de l'écrivain égyptien Ihsan Abdelkeddous. Souvenons-nous de Ghabou lafkar (TNA 1986), Le dernier des prisonniers (Compagnie El-Kalaa, 1990), La boutique (T Béjaïa, 1994), sans oublier de parler de ses rôles qu'il a campés dans Bab El- Foutouh (La Bonne âme) de Se-Tchouan de Brecht, Les Bas-fonds de Gorki ou encore Galou Laârab galou. Signe prémonitoire, il était monté pour la dernière fois sur scène pour interpréter le fou algérien dans Hissaristan, librement adapté du Journal d'un fou de Gogol.Pour lui rendre hommage aujourd'hui, il n'y a pas plus belle réflexion que celle du poète Djamel Amrani qui, en réaction à la disparition de son ami, s'est écrié : « La mort cruelle, la mort faucheuse/alors que tu étais plus candide/que la poésie qui tremblait/sur tes lèvres/Le jour sans voix/Le temps confondu/Le coeur dégorgé/Des balles dans ta chair/déjà meurtrie et la plaie/mise à nue ...» Et nous concluons avec les propos de l'ex-ministre de la Culture Khalida Toumi qui disait dans « La nouvelle inquisition », parue dans Les temps modernes, de janvierfévrier 1995 : « N'oublions jamais que l'intégrisme comme le fascisme n'est pas une opinion, mais un délit. »Chaque année à l'occasion de cet anniversaire tragique, un rassemblement est organisé sur le lieumême du drame. L'épouse du regretté appelle chaque année tous ceux et toutes celles qui l'ont connu à venir lui rendre hommage devant l'enceinte du Théâtre national algérien (TNA), Square port Saïd à Alger, pour ce souvenir de l'homme qu'il était, de l'artiste exceptionnel qui le restera malgré les années qui passent.La Télévision nationale (ENTV) programme chaque année la diffusion de son chef-d'oeuvre Hafila tassir. Mais aucune autre manifestation n'est prévue pour lui rendre un véritable hommage, même pas à l'Institution qu'il a servi pour lui donner un nouveau souffle et où il est mort au champ de batail de la résistance.Dans les « grandes sphères » de la culture algérienne, on préfère sans doute fêter et honorer une culture d'autrui avant la sienne ; l'éternel complexe du colonisé ! Alors que le dramaturge a été victime de la violence islamiste à l'instar de beaucoup d'artistes, intellectuels, enseignants et journalistes. La liste est malheureusement longue de ces personnes qui ont risqué ou carrément payé de leur vie pour vivre dans la liberté.Le dramaturge Abdelkader Alloula, militant des droits de l'Homme et directeur du Théâtre régional d'Oran, est abattu, lui aussi, au sortir de son domicile le 10 mars 1994. Matoub Lounès, chanteur et militant berbère, est enlevé et relâché après avoir été « condamné à mort et gracié » le 26 septembre 1994.Cheb Hasni, l'un des plus célèbres chanteurs de raï, est assassiné à Oran le 29 septembre 1994. Le cinéaste Djamel Fezzaz est grièvement blessé à Alger, le 6 février 1995. Azzeddine Medjoubi a monté des pièces de théâtre pour la radio et pour la télévision. Les auditeurs de la Chaîne III ont en mémoire cette voix de stentor qui accompagnait Djamel Amrani dans son émission consacrée à la poésie.L'engagement de Azzedine Medjoubi, perceptible sur scène, est également un engagement physique qui s'est traduit par des prises de position. Lors de la suspension du journal Le Matin, en juillet 1992, il a fait partie du Collectif des amis du journal qui ont revendiqué la levée de la mesure de suspension frappant ce quotidien et la presse en général. Medjoubi était connu pour son franc-parler, il était dénué de toute démagogie.L'on se souviendra de sa réponse à Djamel Amrani relative au choix de l'un de ses personnages : « J'ai accepté les risques. Ce personnage véhicule le vécu de chaque citoyen, il est dénonciateur, contestataire, il est multiple, il est pluriel. Il s'oppose à toute forme d'exploitation et cela m'a tenté... N'oublie pas que je n'ai jamais campé des personnages lyriques ou proprement romantiques auparavant.J'ai toujours tenu des rôles d'hommes combatifs, qui se rebellent, qui n'acceptent pas leur sort avec résignation. » Le choix de personnage s'inscrit dans le courant du théâtre engagé, émancipateur et libre. Ayons en mémoire Hafila Tassir, jouée en 1985 au TNA avec une mise en scène de Ziani Chérif Ayad. Cette pièce a été jouée sous le titreLe voleur d'autobus, un texte de l'écrivain égyptien Ihsan Abdelkeddous. Souvenons-nous de Ghabou lafkar (TNA 1986), Le dernier des prisonniers (Compagnie El-Kalaa, 1990), La boutique (T Béjaïa, 1994), sans oublier de parler de ses rôles qu'il a campés dans Bab El- Foutouh (La Bonne âme) de Se-Tchouan de Brecht, Les Bas-fonds de Gorki ou encore Galou Laârab galou. Signe prémonitoire, il était monté pour la dernière fois sur scène pour interpréter le fou algérien dans Hissaristan, librement adapté du Journal d'un fou de Gogol.Pour lui rendre hommage aujourd'hui, il n'y a pas plus belle réflexion que celle du poète Djamel Amrani qui, en réaction à la disparition de son ami, s'est écrié : « La mort cruelle, la mort faucheuse/alors que tu étais plus candide/que la poésie qui tremblait/sur tes lèvres/Le jour sans voix/Le temps confondu/Le coeur dégorgé/Des balles dans ta chair/déjà meurtrie et la plaie/mise à nue ...» Et nous concluons avec les propos de l'ex-ministre de la Culture Khalida Toumi qui disait dans « La nouvelle inquisition », parue dans Les temps modernes, de janvierfévrier 1995 : « N'oublions jamais que l'intégrisme comme le fascisme n'est pas une opinion, mais un délit. »


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