Oran - A la une

«Notre dignité passe avant tout» En arrêt de travail depuis plus de deux mois, les employés d'AOA d'Oran ne veulent pas céder :



En grève depuis le 6 janvier dernier, les travailleurs de l'entreprise algéro-omanaise d'ammoniac (AOA) continuent d'occuper la scène à Oran. Lundi, ils ont organisé un sit-in devant le siège de la wilaya pour demander à être reçus par le wali. Après moult palabres, le groupe des protestataires a désigné une délégation reçue par la cellule d'écoute de la wilaya où on leur a assuré que leurs doléances seront transmises à qui de droit.
Les représentants des travailleurs affirment qu'ils ne vont pas baisser les bras et qu'ils ne reprendront le travail qu'une fois leurs revendications satisfaites. Ils affirment que la plateforme adoptée en assemblée générale par les travailleurs algériens compte plusieurs points parmi lesquels un plan de carrière, une grille des salaires qui prendrait en considération l'expérience professionnelle, les diplômes, et qui serait équitable. Les travailleurs exigent également «le respect, par l'employeur de la législation algérienne du travail». Les travailleurs reprochent au gérant de l'entreprise de «favoriser le recrutement de la main-d''uvre étrangère qui bénéficie de salaires autrement plus élevés que ceux des travailleurs algériens».
«Ils recrutent des Indiens qui ne disposent ni de nos diplômes ni de notre expérience, mais qui sont mieux payés, ce n'est pas normal», diront-ils. Ils revendiquent également la réintégration de 19 travailleurs considérés comme initiateurs du mouvement de grève et licenciés par l'employeur. «Il existe bien une législation algérienne du travail. Notre employeur refuse son application. Nous avons attiré l'attention de toutes les autorités, et leur silence devient suspect.
Nous avons observé plusieurs sit-in devant le siège de l'inspection régionale du travail où nos représentants ont été reçus. Nous avons sollicité l'intervention de cette institution qui est le garant de la législation, et son silence nous inquiète», ajoutent-ils. Ce mouvement a connu plusieurs épisodes. Parmi les plus marquants, les rassemblements organisés devant le siège de l'activité Aval de Sonatrach à Oran. «Le groupe pétrolier détient 49% du capital de l'AOA, mais nous n'avons reçu aucun soutien, ce qui n'est pas normal. Nous comptons d'ailleurs nous déplacer au siège du groupe pour tenir un sit-in permanent», affirment les travailleurs.
Parmi les autres initiatives suggérées par des travailleurs, le dépôt d'une démission collective qui pourrait susciter une réaction des pouvoirs publics qui affichent à ce jour un «silence radio». Ces protestataires estiment que «leur mouvement est un moyen de faire respecter l'honneur et les droits des travailleurs algériens. Nous sommes perplexes devant ce silence. Sa participation dans le capital de l'AOA lui donne le droit d'intervenir et d'exiger des explications concernant la situation que vit la main-d''uvre algérienne, mais elle n'a, à ce jour, affiché aucune réaction», soutiennent les travailleurs.
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