Oran - Revue de Presse

« Ni pauvre ni fou »



Se voulant aux antipodes des théories répandues, Scott Atran estime dans son ouvrage phare Genèse et futur de l?attentat suicide consacré au phénomène kamikaze, que le kamikaze n?est pas « forcément » le produit d?un échec social, politique, économique ou éducatif. Les terroristes kamikazes, souligne-t-il, sont souvent traités à tort de « lâches et de fous, déterminés à une destruction absurde, prospérant au milieu de la pauvreté et de l?ignorance ». « Les recherches, écrit-il, montrent que les terroristes kamikazes n?ont pas une psychopathologie spécifique et qu?ils ont un niveau d?études et de revenus égal à celui du reste de la population » et que « globalement, les terroristes kamikazes ne présentent pas de caractéristiques de dysfonctionnements sociaux (absence de père, d?ami, ou d?emploi) ni de symptômes suicidaires. Ils n?expriment aucune crainte de l?ennemi, aucun "désespoir", aucun sentiment de "n?avoir rien à perdre" par manque d?alternatives dans la vie qui seraient liées à des raisons économiques. » « Ce qui peut expliquer, selon Scott Atran, le conduit qui mène une personne normale à commettre un attentat suicide, c?est la notion de "banalité du mal". » Notion utilisée, d?après le spécialiste, par le philosophe Hannah Arendt, pour décrire le fait que c?étaient des Allemands tout à fait ordinaires qui étaient recrutés pour assurer le fonctionnement des camps d?extermination nazis et non des fous sadiques.
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