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Net blankes



C'est que pour le commun des quidams, l'apartheid, c'est le monde en noir et blanc des tout-puissants, une négation morale et physique des personnes de couleur. Son foyer de culture : l'Afrique du Sud, là où un melting-pot d'Européens s'est engouffré, à la recherche de l'eldorado au XVIIe siècle, c'est-à-dire au siècle des colonisations, de l'accaparement de terres qu'ils considéraient comme « terra nullius », ignorant les oppositions de leurs habitants originels. Les convoitises de riches contrées poussaient le plus souvent à des rixes mortelles, quand ce n'était pas à la guerre en bonne et due forme. Il en était ainsi en Afrique du Sud, entre les Anglais et les colons néerlandais ou Boers. Durant plus de trois siècles, les suprémacistes blancs ont régné sans partage dans une position ségrégationniste tranchée. Pour asseoir « définitivement » la séparation entre la « race supérieure » et les autres, dès les années quarante, celle-ci sera institutionnalisée dans l'appellation apartheid, traduction trompeuse de « développement séparé » , entre deux communautés. La formule est appliquée dans tous les aspects de la vie : économique, sociale, politique et culturelle. « Net blankes », qu'il s'agisse d'un banc public, un bus, une école, etc. Sharpeville, Soweto et des centaines de townships du pays de Mandela rejetteront unanimement l'hégémonie raciste des Blancs. S'ensuivront les massacres qui vont marquer les consciences. Aujourd'hui, l'apartheid est tombé. Officiellement. Les Sud-Africains recouvrent leur dignité mais ils doivent encore lutter contre les survivances de ce racisme, un modèle du genre. Ils ne font pas exception. Aux Etats-Unis, les Afro-Américains crient : «Black Lives Matter». 156 après l'abolition de l'esclavage par Abraham Lincoln, les Afro-Américains vivent toujours dans la peur. Les fantômes ont pour nom, le Ku Klux Klan, les suprémacistes blancs. Mais qu'en est-il des autres discriminations ' En fait, l'apartheid se nourrit d'un monde inégalitaire opposant pays nantis (avec tous les instruments de domination) aux autres ? le Tiers-Monde. Les forts contre les faibles. L'apartheid entre les Etats fonctionne de manière subtile, sournoise. Les échanges Nord-Sud apparaissent comme une supercherie, car leur refus non-dit veut perpétuer une situation de dépendance. La revendication de transfert technologique s'inscrit dans cette logique. Pour les besoins de la politique, l'on privilégie les uns contre les autres pour mieux asseoir sa domination. En Algérie, le projet développement de l'industrie automobile se heurte au fournisseur français qui veut dicter la conduite à suivre, afin de s'assurer la maîtrise. Un cas d'apartheid ! La crise sanitaire actuelle met à jour les pays pauvres qui ne peuvent prétendre à un égal accès aux soins. Les populations immigrées d'Europe subissent, dans le silence, la discrimination à l'accès au vaccin anti-Covid-19. L'apartheid se manifeste aussi entre classes, ethnies et les religions. La minorité, politiquement dominante dans un pays anti-démocratique, sécrète un apartheid qui a pour nom le refus de l'alternance. La ségrégation s'insinue dans les rapports sociaux, source de violence, de graves crises.B. T.
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