-Comment avez-vous découvert le scénario du Repenti '
Nous faisions la promotion du film précédent, Normal, dans lequel j'avais un rôle. Durant le Festival du film arabe d'Oran, il avait évoqué avec moi un scénario qu'il avait écrit et qui questionnerait la période des années 1990. Merzak Allouache étant peu expressif, il n'avait pas développé une éventuelle participation dans ce film, s'il avait prévu un rôle pour moi. Après Oran, il est parti effectuer des repérages et c'est là qu'il m'a demandé à me voir. Chez lui, il m'a annoncé qu'il pensait à moi pour un rôle, celui de Rachid. Le scénario en main, je le lis et très vite, je fonds en larmes. Il était minuit et je me suis rendu compte du degré de souffrance qu'avait subi le peuple algérien. Durant cette période, je n'étais qu'un adolescent, j'avais 14 ans, donc je n'avais pas vraiment de prise directe avec la déliquescence de cette société. Je voyais comme tout le monde des images à la télévision, mais ça ne me suffisait pas à en sonder la complexité.
-Comment vous êtes-vous préparé pour le rôle de Rachid, le personnage-titre '
J'ai dû faire ça très vite. J'ai perdu 8 kilos. Tout cela en 1 mois. Et il fallait que je travaille sur deux aspects, la psychologie et le physique. Tous les jours, je faisais du sport et le soir, je me documentais sur cette période, sur cette jeunesse gâchée. En parallèle, j'ai étudié le personnage, son cadre, ses gestes, comment il réagissait face aux autres. Je ne voulais pas lui insuffler des stéréotypes, j'essayais d'en cerner toute sa complexité. Je tentais de comprendre la raison de son enrôlement au maquis sans pour autant accepter ce geste. Je voulais aussi jouer sur la peur, sur ses craintes et puis très vite, et cela se lit dans le scénario, il découvre un autre aspect de la vie, la ville, un sentiment amoureux, quelque chose qu'il ne connaissait pas. C'est pour cela que mon jeu s'est segmenté.
-Avais-tu un repère, un objet qui t'accompagnait durant le tournage '
J'écrivais des lettres pour moi. «Ils sont là, je les regarde et je ne peux rien faire pour eux» ou bien, «leur yeux me regardent dans les ténèbres», ce genre de phrase que je lançais sur des pages. J'écrivais rapidement, beaucoup, ça m'a aidé durant ce tournage à conserver une certaine distance dans mon travail. Des monologues en somme. Puis je les ai relus après le tournage et j'ai eu la chair de poule. Ce tournage a été très dur. D'ailleurs, je suis tombé malade, le film terminé ! Mais cela reste et restera un rêve, une expérience importante dans ma carrière. Un beau témoignage.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Samir Ardjoum
Source : www.elwatan.com