
Le philosophe et penseur algérien, Mustapha Chérif, a affirmé, mardi à Paris, que la majorité des musulmans s'oppose à l'extrémisme, mais refuse en même temps les amalgames faisant d'eux des "terroristes en puissance"."L'histoire prouve que l'immense majorité des musulmans s'oppose à l'extrémisme et, partant, refuse les amalgames. Nous ne disons pas que l'Inquisition est dans l'évangile, ni que les catastrophes du XXe siècle sont liées à la culture européenne, pourquoi affirmer que la violence serait dans le Coran '", a-t-il dit, lors d'un séminaire international sur les "apprentissages tout au long de la vie et Interculturalité".Pour étayer son propos, l'universitaire a cité le peuple algérien qui, a-t-il dit, s'est opposé à l'intégrisme, notamment lorsque ce dernier a basculé dans le terrorisme."L'Algérie restera dans l'histoire comme le premier pays qui a refusé l'amalgame, a disqualifié l'instrumentalisation de la religion et combattu le terrorisme international", a indiqué l'intervenant dont le pays, l'Algérie, a été l'invitée d'honneur du séminaire, initié par le Comité mondial pour les apprentissages tout au long de la vie (CMA).Pour l'ancien ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, mettre fin aux préjugés "c'est reconnaître que tout homme doit être traité à part entière quelles que soient ses appartenances", et que la modernité peut se dire de différentes manières.Pour y parvenir, a-t-il soutenu, il faut éduquer au "principe de l'ouvert" en donnant à penser, en favorisant le dialogue, le contact entre acteurs différents, pour la confrontation des idées, y compris sur des questions controversées.A ses yeux, le principe de la diversité doit être "préservé" et non pas le "contenu historique" que chaque époque lui a donné."Au Nord comme au Sud, en Orient comme en Occident, il faut veiller à ce qu'il y ait toujours de la diversité, chaque société et génération lui donneront un contenu propre, en fonction de l'évolution et des capacités de changement et de métamorphose", a-t-il opiné, lors de cette rencontre organisée en collaboration avec l'Unesco et le Conservatoire français des arts et métiers (Cnam).Répondant, lors du débat, aux questionnements sur les "obstacles" qui s'érigeraient contre l'interculturalité et le dialogue inter-religieux, dont l'analphabétisme sociétal et la question de "chocs de civilisations", Mustapha Chérif a indiqué qu'il y a une "amnésie" et des "politiques délibérées" qui font que le monde d'aujourd'hui a du mal à "traverser la muraille des préjugés qui nous séparent"."L'objectif de vaincre ces préjugés est le vivre-ensemble et ne pas laisser les autres le détruire. Le défi commun aujourd'hui, c'est de réinventer cette civilisation commune où pluralité et interculturalité se conjuguent", a-t-il affirmé.L'invitation de Mustapha Chérif pour clôture le séminaire se voulait, selon les organisateurs, un hommage qu'ils voulaient rendre au récent Lauréat du prix Unesco 2013 de la culture arabe.Spécialiste des cultures des religions et des civilisations, Mustapha Chérif est professeur à l'Université d'Alger et ancien ministre de l'enseignement supérieur.Outre le prix Unesco, il est le récipiendaire du Prix Ducci pour la culture de la paix en considération de son engagement dans la valorisation du dialogue interculturel et inter-religieux.Auteur d'une douzaine d'ouvrages portant sur le dialogue et le Vivre-ensemble, il est le fondateur en Algérie de l'Université de formation continue.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Algérie Presse Service
Source : www.aps.dz