Oran - A la une

Mustapha Benfodil à Oran : un blason contre le pilon ! Culture : les autres articles



Mustapha Benfodil à Oran : un blason contre le pilon ! Culture : les autres articles
Le journaliste et écrivain, Mustapha Benfodil, était à Oran, dernièrement, pour animer une conférence à l'Institut français.
Nombreux étaient ses fans à avoir pris part à cette rencontre, se voulant à la fois palpitante et chargée en émotion. Pendant plus de deux heures, Benfodil a envoûté la salle, en lisant des fragments de son dernier cru, au titre pour le moins provocateur : L'anti-livre. Cet ouvrage, jusqu'à présent inédit, n'a été présenté qu'au gré de quelques festivals, ici et là, en France et au Maroc. Il a été présenté pour la première fois en Algérie, samedi dernier, à l'Institut français d'Oran. «Je veux vous faire partager l'expérience exaltante et douloureuse de l'écrit», dira-t-il à l'assistance, avant de se lancer dans une longue diatribe, où tout l'univers de l'écrivain, a été joliment mis en exergue.
Le mécanisme mental, la conquête des mots, et ensuite des phrases, les ratures, celles par lesquelles provient la littérature, ont été démontrés, lors de cette conférence qui sort de l'ordinaire, où Benfodil, jouant son propre rôle, a expliqué au public que l'écriture était un puzzle, et que lui n'était qu'un «honnête poète qui gagne ses vers à la sueur de ses rêves». Fidèle à lui-même, Benfodil n'a pas manqué d'étayer son exposé par des mots châtiés, des mots jugés «vulgaires» par les collés-montés et les pudibonds. Il a ainsi démontré que grossièreté n'est pas systématiquement vulgarité, qu'on peut être extrêmement vulgaire, en ayant un langage très sobre.
Il prend également plaisir à donner des coups de pied dans la fourmilière littéraire, en égratignant les pseudo- «écriveurs», qui écrivent «plus par ruse que par muse», ou encore les «autorités livresques», celles qui n'ont aucun état d'âme à envoyer, chaque année, des centaines de millions de livres au pilon, se faire désintégrer. D'ailleurs, à mesure qu'il poursuivait sa conférence, s'aidant de bouts de papiers, il ne manquait pas, après les avoir lus, de les écrabouiller, et de les jeter par terre, créant de ce fait un décor, pour le moins bordélique. Pour l'anecdote, une fois la conférence terminée, les gens se sont rués à ramasser ces bouts de papier écrabouillés, conscients qu'ils contenaient quelques trésors littéraires. En somme, c'était bel et bien la première fois que, lors d'une manifestation culturelle à Oran, on avait affaire à des «fouineurs littéraires».
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)