
Portrait n Lila Borsali est une interprète de musique andalouse. Elle est une valeur sûre de ce genre musical.D'un album à l'autre, de récital en récital, elle ?uvre avec beaucoup de modestie et d'abnégation à gagner l'estime du public, de nombreux mélomanes de la musique andalouse. Et à chaque fois, lors de ses concerts, elle réussit à captiver l'attention de l'assistance, notamment avec sa voix exceptionnelle, mélodieuse et suave, qui, de l'avis de tous, déborde de fraîcheur. Et avec sa voix, à laquelle vient s'associer un style musical à la fois ouvert sur le monde et authentiquement ancré dans la tradition musicale algérienne, elle donne à l'andalou un attrait envoûtant. Cela fait son originalité et confère à son interprétation, comme à l'orchestration, une touche personnelle.Celle qui a appris le jeu d'instruments et le chant avec des maîtres tels que Bekkaï et Fawzi Kelfat, a à son actif plusieurs albums, dont le dernier porte le titre de «Nouba Housn Es-Selim». Et la particularité de ce CD, sorti aux éditions Papidou» consiste dans le fait qu'elle rend, à travers ce dernier, un hommage à son défunt époux.A ce sujet, Lila Borsali confie,?lorsque la question lui est posée : «J'ai voulu ainsi partager avec tous ceux qui peuvent se reconnaître, mon chagrin, mais aussi ma reconnaissance et mon amour à tous ceux qui l'ont partagé avec moi et ont contribué à me ramener à la vie.»Celle qui est partie s'installer à Paris pour quelques années afin d'approfondir ses connaissances en musique, perfectionnant ainsi le jeu de la kouitra, aidée par Abdekkrim Bensid et améliorant ses techniques de chant avec Yahia Ghoul et Amine Mesli, s'emploie à privilégier la recherche dans le domaine de la musique andalouse, et ce, pour parvenir à se hisser à un niveau de création à part.Et pour elle, procéder à un travail de création dans le domaine de la musique andalouse ne signifie nullement perdre de vue l'essentiel de cette musique. Bien au contraire, c'est donner une dynamique nouvelle à ce patrimoine musical, c'est fructifier ce legs ancestral. C'est le réactuali-ser.Ainsi, elle estime que «notre patrimoine risquerait fort de disparaître s'il reste fermé à des sensibilités neuves et donc à la création». En d'autres termes, Lila Borsali crée sans pour autant tourner le dos à l'authenticité. Elle crée en restant à chaque fois fidèle aux mélodies d'origine, avec seulement quelques variations sans finir par altérer l'âme, voire l'essence même, de la musique andalouse. Elle est toujours proche de ses racines. Pour elle, il est intéressant et important de «donner un vrai sens musical» aux mélodies.«Il faut ajouter des compositions», estime-t-elle, et d'insister?: «Il faut chanter ce qui existe et compléter ce que nous avons perdu.» Autrement dit, créer et enrichir la musique andalouse, la diversifier. Pour elle donc, «sans enrichissement, on risque de perdre le patrimoine».«Un patrimoine qui reste figé est appelé à mourir un jour. Notre génération doit innover, créer pour sauvegarder ce patrimoine. Ce style risque de mourir s'il n'y a pas de création. On doit arri-ver à combiner l'ancien en lui apportant du nouveau, sans porter atteinte à l'ancien style», soutient celle qui déplore «l'infime ou la petite présence de cette musique dans les manuels scolaires algériens». Pour elle, «cette musique doit être intégrée dans les manuels scolaires».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Yacine Idjer
Source : www.infosoir.com