Oran - Revue de Presse

Mostaganem. Des familles mises à la rue



Elles sont 5 familles à avoir été mises à la rue suite à la démolition administrative de leurs demeures. Sur place, après le départ des bulldozers, c?est la détresse et la désolation qui l?emportent. Abritée sous une dalle branlante et menaçante, la femme et les deux enfants de Bellahouel Lahouel sont décidés à rester sous cet abri de fortune jusqu?à ce qu?une solution de relogement leur soit proposée. A l?intérieur de ce qui fut leur maison, ils ont amoncelé à la hâte leurs affaires pour les protéger de la poussière que soulève avec acharnement le vent d?Ouest. Le beau frère, Hamdi Bey Belkacem, le visage marqué par une nuit sans sommeil, dit sa consternation face à ce qu?il désigne par une volte face de l?administration. Gardant avec peine son calme, il explique avec documents à l?appui que son cas avait été traité en bonne et due forme par l?administration dont il ne comprend pas le revirement. Marié et sans enfants, habitant depuis toujours cette maison familiale qu?il occupe avec sa mère, il fustige l?administration qui lui aurait promis un relogement. Car parmi les 3 familles qui occupaient cette modeste demeure, seuls sa mère et 4 enfants à charge auront bénéficié d?un F3 à la cité Chemmouma. Ni sa famille, ni celle de son beau frère n?ont eu cette chance. C?est pourquoi ils sont décidés à rester ici, dans ce gravas de ferraille et de briques qui fut pendant près d?un demi siècle leur maison. La barque qui traîne dans la cour, à côté des énormes poutres métalliques de sa maison, ne fait qu?accentuer son amertume. « Si elle pouvait nous emmener ensemble jusqu?en Espagne, dira-t-il, je n?hésiterais pas à prendre le large ». Chez les Senouci, ce sont également 3 familles qui auront subi le même sort que les Hamdi Bey. Bendehiba, qui tient dans ses bras son fils d?à peine 15 mois, comme pour le protéger contre un danger invisible, n?a plus la force de se plaindre. Livide et mal rasé, il parle de son entrevue avec le wali. Bien avant l?arrivée des bulldozers. Il se souvient encore des ses paroles apaisantes dont il n?aura retenue que la promesse que « l?Etat ne mettra pas à la rue ses citoyens ». Puis, son discours se fera plus pathétique lorsqu?il parle de son enfance, de l?insouciance et du grand bonheur d?avoir vécu en ces lieux de mémoire. Il prend à témoins ses compagnons d?infortune et se voit déjà dans un logement de remplacement. Lui qui n?a connu que les bruissements des vagues, ne se résout pas à quitter les lieux. Des ménages désemparés Les voisins épargnés par la démolition ont ouvert un garage pour lui permettre de ranger ses affaires, jusqu?à ce qu?une solution de relogement lui soit proposée. Car malgré leur grande détresse, ces infortunés citoyens ne veulent pas croire qu?on les abandonne à leur sort. Même ceux qui ont bénéficié des 160 millions de cts d?aide sont désemparés. Tous soulignent les espaces dont ils disposaient auparavant, qu?ils comparent aux minuscules F3 que l?on rechigne à leur offrir. Apparemment soupçonnés d?avoir effectué un regroupement familial afin de bénéficier de l?opération de destruction, ils crient leur bonne foi et en appellent à une enquête approfondie. Pour la famille Bouhassoune, c?est également le grand vide qui se lit sur le visage buriné du chef de famille, qui explique qu?il vit ici depuis 25 ans. Oubliant sa propre détresse, il nous signale que Adda Benatia Halima et ses 5 filles sont également à la belle étoile. Leurs affaires auraient été mises en fourrière. Comme attirés par l?odeur des gravats, des charretiers passent et repassent à proximité des amas de pierres. Ils recherchent le moindre bout de ferraille ou quelques boiseries que l?acharnement des engins aurait quelque peu épargnés. A proximité du nouveau port encore en construction, l?ancien restaurant « El Forsane » se laisse paisiblement dépecer par des enfants besogneux à la recherche du moindre robinet ou d?un bout de câble électrique qu?ils iront écouler au marché aux puces de Aïn Sefra. Le projet dit d?aménagement de la façade maritime de Salamandre entame ainsi sa mise à exécution. Prévu pour bouleverser de manière irréversible le visage de la cité balnéaire, cette opération n?a pas fait que des vagues.
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