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Mort programmée du CHU d'Oran Les ministres qui se sont succédé s'en offusquaient sans agir



Mort programmée du CHU d'Oran                                    Les ministres qui se sont succédé s'en offusquaient sans agir
De notre correspondant à Oran
Samir Ould Ali

Tout, ou presque, a été dit sur le Centre hospitalo-universitaire d'Oran, ses scandales, ses dilapidations, ses pénuries, ses mauvaises
prestations, la misère de ses malades et la détresse d'une partie de son personnel. Ses morts, aussi qui, hormis quelques entrefilets scandalisés de la presse, sont passés quasiment inaperçus, dans le tumulte de l'actualité qui requiert davantage l'attention des dirigeants. Toutes ces anomalies, graves et inadmissibles sous d'autres cieux et qui, chez nous, sont presque devenues la marque déposée d'une institution sanitaire, ne suscitent plus qu'un imperceptible haussement d'épaules, aussi bien chez le citoyen lambda que chez les responsables qui ont présidé aux destinées de la santé algérienne. Tous les ministres qui ont été nommés à la tête de la Santé -depuis l'ancien Yahia Guidoum, au milieu des années 90- ont laissé la dégradation et le laisser-aller s'installer et prendre de l'ampleur, jusqu'à ce que tous les pavillons soient atteints par le pourrissement et la détérioration. Résultat : dans l'hôpital d'Oran d'aujourd'hui, aucun pavillon ne présente les garanties nécessaires (selon les standards internationaux) à la prise en charge.Bien sûr, il y a eu des ministres à l'apparence scandalisée, qui ont fait mine de s'insurger contre «la situation inacceptable» du CHU d'Oran (Amar Tou a probablement été le plus virulent), mais personne n'a osé accompagner ses «courageux constats» par les «énergiques décisions» que tout le monde attendait : pas de dialogue constructif, pas de suspensions, pas de mise en place de véritables commissions d'enquête, ni de stratégie pour sauver le CHU..., aucune de ces mesures traduisant la volonté des autorités supérieures de mettre un terme à l'anarchie naissante qui menaçait, à terme, de mettre la vie des Algériens en danger. Beaucoup d'observateurs, qui ont à c'ur le secteur de la santé, affirment que «la mise à sac» du CHU d'Oran était programmée, pour amener les patients à délaisser le secteur public au profit du privé, particulièrement ces laboratoires et cliniques qui foisonnent sur le territoire de la wilaya, depuis un certain nombre d'années (il existe même un sens giratoire, dans le quartier de l'USTO, qui a hérité de l'appellation de «rond-point des cliniques», en raison de la proximité de quatre établissements privés). Et, n'était-ce les tarifs extrêmement élevés des cliniques, les Oranais déserteraient probablement l'hôpital et le laisseraient tout entier aux rats qui y vivent en nombre...Malgré tout, le CHU continue de dépenser, pour tenter de rattraper son lourd retard et essayer de se réhabiliter auprès de la population : d'importantes sommes d'argent (78 milliards en 2011) sont ainsi dépensées dans un programme de mise à niveau qui, outre l'amélioration des prestations des urgences médico-chirurgicales comprend, notamment, la construction d'une nouvelle structure d'UMC et d'un nouveau service infectieux, la réalisation d'une unité de chirurgie spécialisée, d'un service regroupant tous les laboratoires de l'hôpital, de la réhabilitation de tous les bâtiments vétustes, de l'acquisition de 20 générateurs d'hémodialyse, de la construction d'une station d'eau, du remplacement de la literie et de l'acquisition d'équipements médicaux.
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