
Sur fond de profondes divergences à la fois politiques et religieuses, opposant les islamistes (au pouvoir) et les libéraux, le président tunisien, Moncef Marzouki, a saisi, hier, l'occasion du 56e anniversaire de l'indépendance nationale pour appeler à l'unité nationale et prévenir contre les dangers de division. Dans un discours à la nation, il a exhorté « tous les Tunisiens » à vivre ensemble « avec, et malgré leurs différences ». « L'union nationale ne peut durer si elle est bâtie sur l'incompréhension, la haine et la division », explique-t-il en mettant en garde contre les « tentatives criminels » visant à semer « la sédition et la haine entre les citoyens » en référence à l'incident survenu le 7 mars à la Faculté de lettres de Manouba, lorsqu'un salafiste a tenté de remplacer le drapeau tunisien par un drapeau noir. Au sujet également des exemplaires de Coran retrouvés déchirés dans des mosquées à Ben Guerdane (sud) la semaine dernière, il dira que c'est « un crime que les mots sont insuffisants à condamner ». Si le chef d'Etat tunisien s'est gardé d'évoquer la crise qui « déchire » les deux courants politiques au sein de la nouvelle Assemblée nationale constituante autour de la référence à la charia dans l'élaboration de la future constitution, le Premier ministre islamiste, Ahmed Djebaïli, a fait savoir, lundi, que la loi suprême du pays doit représenter tous les Tunisiens quelles que soient leurs divergences. « Aucune partie ne doit imposer ses choix dans la future Constitution qui doit avoir un large consensus », a-t-il tranché en précisant que la prochaine loi fondamentale mettrait en avant « l'identité du pays, son régime républicain et démocratique et ses symboles nationaux au-dessus de toutes les divergences et tous les tiraillements idéologiques ».Dans la rue, des milliers de personnes se sont rassemblées, hier, dans l'avenue Bourguiba à Tunis pour fêter cet anniversaire et « défendre la démocratie ». Drapeaux tunisiens omniprésents, klaxons, hymne national, les manifestants, venus suite aux appels lancés par les réseaux sociaux et des mouvements citoyens, criaient : « Le peuple veut un Etat civil (séculaire) ! » « Non à l'esprit rétrograde, non au califat ! » ou encore : « Nous ne laisserons pas voler notre révolution par les esprits obscurantistes ». Les slogans de la révolution « travail, liberté, dignité » étaient également repris en choeur.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amine Goutali
Source : www.horizons-dz.com