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Mohamed Yahiaoui, directeur du Théâtre National Algérien : «Les archives du TNA seront disponibles sur Internet»



À la tête du Théâtre National Algérien (TNA) depuis 2014, Mohamed Yahiaoui, ancien directeur du Théâtre Régional de Batna et ancien commissaire du Festival culturel national du théâtre amazigh revient avec nous dans cet entretien sur la célébration de la Journée mondiale du théâtre et sur l'état et la relance du 4e art en Algérie ainsi que les activités du TNA.Entretien réalisé par : Sara Boualem
Le Temps d'Algérie : Aujourd'hui, nous célébrons la journée mondiale du théâtre. Comment le TNA la fête-t-il '
Mohamed Yahiaoui : A l'instar des autres théâtres du monde, le Théâtre National Algérien a concocté tout un programme pour cette journée. Il y aura entre autre la présentation de la pièce «El Fehla», un monologue mis en scène par Nesrine Belhadj et produit par Azzedine Abbar du Théâtre Régional d'Oran, des hommages à Saïd Hilmi grand comédien qui n'est plus à présenter et à Linda Sellam (qui a débuté sa carrière au Théâtre Régional de Béjaïa aux côtés d'Abdelmalek Bouguermouh en jouant dans la pièce «R'djal ya H'lalef» et «H'zam l'Begra». Il y aura aussi une allocution d'Abdelhamid Rabia qui reviendra notamment sur l'histoire du théâtre algérien.
Et en ce qui concerne les théâtres régionaux '
Pour les théâtres régionaux, chacun fêtera cette journée en fonction de ses moyens et de ses traditions à célébrer cette journée. Pour cette année, et à ma connaissance, il n'y a pas eu de productions spécialement pour ce jour. Pour le TNA, on voulait programmer la nouvelle pièce «Arlequin, valet des deux maîtres», pièce de théâtre éponyme adaptée par le défunt Abdelkader Alloula et revisitée dernièrement dans une coproduction entre le TNA et le TRO (Théâtre Régional d'Oran), mise en scène par Ziani Chérif Ayad. Cependant, le comédien principal de cette pièce étant à l'étranger, on a dû annuler.
Vous avez récemment lancé un appel pour la création d'une pièce de théâtre en langue amazighe. Est-ce une première pour le TNA '
Non. Le TNA avait déjà produit la pièce «Fatma» avec M'Hamed Benguettaf qui avait été traduite vers l'amazighe par la suite. Cette pièce a même eu un prix au Festival National Culturel du Théâtre Amazigh dont j'étais le commissaire à Batna. En 2014 aussi, on avait déjà produit une pièce en tamazight avec Hocine Zaydi. Mais pour la prochaine, on tient à faire les choses en grand. On veut reprendre la pièce «Echouhada yaôudoun hada el ousbouê» (Les martyrs reviennent cette semaine) produite par Bengettaf et adaptée de l'?uvre de Tahar Ouettar. On lance, à cet effet, un grand casting national.
Qui sera le metteur en scène de cette pièce '
Au fait, je n'ai pas encore choisi. J'hésite entre Omar Fetmouche, Ahmed Khouda et Nabila Benbrahim. Le TNA connaît une dynamique hors pair depuis quelques années, grâce notamment à une bonne gestion dans la communication?
C'est un constat sur lequel on a beaucoup travaillé. Lorsque je suis arrivé au TNA en 2014, j'ai veillé à restructurer tous les services du théâtre (administration, production, formation, communication et archives?) même au niveau du personnel du TNA. En effet, je n'ai ramené personne de l'extérieur car il y avait déjà une équipe en place, je l'ai seulement restructuré à sa juste valeur car il y avait 176 employés (dont certains ne travaillaient même pas ici puisqu'ils résidaient à l'étranger. D'autres étaient retraités ?) alors que 50 employés suffiraient à assurer toutes les tâches au TNA. C'est-à-dire que tout le budget du TNA ne servait pratiquement qu'a payer les salariés. Aujourd'hui, nous sommes à 110 employés, et chacun a sa mission.
Concernant les archives du TNA, ont-elles été numérisées '
A mon arrivé au TNA, les archives étaient en pagaille. Depuis, on a sauvé ce qu'on pouvait, notamment des archives de 1963 qui étaient en mauvais état (article de presse, affiches, biographies des artistes, costumes, décors?). On a consacré tout un service pour cela. On a créé le site Internet (www. TNA.dz), disponible en arabe pour le moment et prochainement en français où toutes les archives du TNA y seront répertoriées. On prépare aussi une revue qu'on va intituler «El Halqa» (déjà disponible en trois numéros au temps de Mustapha Kateb). Ce sera une ébauche qui englobera tous les travaux du TNA . On prépare aussi le Livre d'Or du Théâtre National Algérien. Par ailleurs, lors du Salon du livre algérien (SILA) nous disposons d'un stand pour promouvoir les travaux du TNA. Nous avons aussi pu récolter plusieurs témoignages et travaux d'artistes ayant participé à des pièces produites par le TNA.
Concernant l'affluence du public, a-t-elle augmenté '
Au fait, on tient à instaurer une tradition. Tous les mardis par exemple, on retrouve un programme dédié aux enfants qu'on a appelé «Les mardis scolaires». Le vendredi et samedi matin sont aussi dédiés aux enfants. Mercredi, jeudi, vendredi et samedi soir sont consacrés au théâtre pour adultes. De cette programmation qu'on a instaurée tout au long de l'année, on a pu constater que le public revient petit à petit au théâtre, même avec une billetterie symbolique. Les nouvelles productions menées par des jeunes entre autre et dont les sujets restent d'actualité parlent aussi beaucoup au public.
Contrairement aux autres établissements culturels, le programme du TNA n'a pas été touché par les manifestations qui se tiennent actuellement.
En effet, nous avons choisi de poursuivre nos activités normalement et ce, sans être opposé aux manifestations des artistes dans la cour du TNA.
Des projets en perspective '
Il y aura prochainement la production de la pièce «Les martyrs reviennent cette semaine», la pièce «GPS» de Mohamed Cherchal. Il y aura aussi les journées du théâtre du Sud, un grand colloque intitulé Hamzat wasl (trait d'union) avec la participation de plus d'une soixantaine de chercheurs et de critiques de théâtre? en plus des hommages et autres concerts.
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