
C'est une règle universelle, l'emploi est, par excellence, le canal par lequel se fait l'insertion économique et sociale des individus. ès lors, la vitalité d'une économie se jauge et se juge à sa capacité à créer de l'emploi et à générer des postes de travail pour la population en âge d'entrer en activité pour contribuer à renforcer la dynamique économique et à vitaliser davantage encore le corps social par une somme de réalisations, de succès et autres faits positifs des activités humaines. La modernité avec ses acquis est une ère du travail et c'est seulement par le travail que les nations arrivent à émerger et à s'imposer parmi les autres nations. Pourtant, au sein des économies les plus puissantes et les plus florissantes, un phénomène s'est imposé, dictant sa loi, j'ai nommé le roi chômage qui a organisé l'exclusion au même titre que l'accès au travail permet l'intégration. On a pu apprécier, durant les 150 années d'industrialisation, ce qu'il fut de l'évolution du droit au travail et des couvertures sociales dont les avancées ont été enregistrées au gré des expériences vécues à travers les crises épisodiques que le monde a connues. Les pays nantis, les économies prospères qui se nourrissent d'une croissance extraordinaire, ont très vite trouvé des parades pour renflouer, dans leur condition de chômeurs, ceux qui ont perdu leur emploi ou ceux qui ne peuvent pas en trouver. L'allocation chômage a été, en effet, pour le monde occidental, une solution valable devant l'impossibilité de trouver une solution au chômage. Par ce moyen, on a créé une rançon au chômage, au lieu de financer un emploi que l'économie ne peut pas créer.
Le monde en crise et l'emploi (le chômage)
Le monde occidental qui doit sa réussite au triomphe du capitalisme aux dépens du communisme, a fait du libéralisme économique un sacerdoce, jusqu'à sombrer, subrepticement dans les travers aberrants de l'ultralibéralisme, la dérégulation extrême et la fin des Etats qui rendent des comptes à leurs administrés. Avec l'avènement de la crise économique mondiale et ses effets, l'orthodoxie libérale se trouve en faillite, ses instruments étant inopérants pour servir de leviers à un redémarrage économique. Ce qui ne manque pas d'aggraver la situation du chômage sans qu'en face il puisse y avoir, à part l'allocation de transition, une solution de rechange qui se substitue à celle qui agissait auparavant ' la croissance ' et qui fait aujourd'hui cruellement défaut. Bref, l'Occident, après avoir été une grande usine à croissance, est en phase de devenir une grande usine à faire des exclus. Comment donc remédier à ce phénomène et créer de la croissance sinon en puisant dans les fonds de l'Etat pour générer directement des emplois ' L'Occident est-il prêt à se faire violence en ignorant l'orthodoxie libérale ' Peut-être que cela sera le cas lorsqu'il n'aura plus le choix.
Et l'Algérie dans ce tumulte '
Nouvellement né à l'économie de marché, notre pays se cherche encore, s'efforçant toujours de se donner les moyens de protection nécessaires à une ouverture douce et progressive qui permette aux Algériens, aux acteurs de l'économie, de se préparer aux défis de la mondialisation et ses effets, et se relevant de surcroît d'une crise qui a failli emporter l'Etat républicain. Pour l'Algérie, il n'y a pas de doute, ce n'est pas l'orthodoxie libérale, dont les solutions n'ont pas valu pour ses créateurs, qui va valoir une solution globale à l'économique et au social. C'est au contraire des solutions imaginées à partir de la réalité crue du terrain, des solutions qui se confortent d'une aisance financière et d'un volontarisme budgétaire conséquent de l'Etat, qui peuvent valoir en termes de solutions aux attentes de l'économie et de la société algériennes. Critiqué à maintes reprises pour le fait qu'il porte à bras-le-corps les tenants de la dynamique socioéconomique au lieu de laisser agir la loi de l'offre et de la demande, l'Etat algérien est aujourd'hui suivi, en exemple, par ceux-là mêmes qui critiquaient et qui, sous la pression des effets démultipliés de la crise, recherchent des moyens peu orthodoxes, du point de vue libéral, pour se sortir du pétrin. Des mécanismes de création de micro-entreprises et des mécanismes d'insertion professionnelle au sein des entreprises, outre les emplois que l'économie génère par elle-même et ceux que les programmes de développement, les milliers de chantiers et autres niches de croissance, permettent de générer. Une somme de dispositifs qui contribuent à créer une dynamique économique tout en préservant le corps social des glissements que le chômage endémique pourrait générer, en attendant, bien entendu, que l'économie, en forte croissance, prospère, diversifiée et forte, prenne en charge spontanément, selon la sacro-sainte loi (qui n'est plus si sainte que cela), de l'offre et de la demande.
Le chômage payé n'est pas une solution
Lorsque le pourcentage très haut des chômeurs signale une crise économique structurante, une autre vision doit prévaloir, qui ne peut s'accrocher aux épaves de l'ultralibéralisme, mais au contraire, lorsqu'il y a péril en la demeure, les ressorts sont dans le partage, la répartition judicieuse des richesses et le sens de la solidarité. Si l'allocation chômage à l'occidentale a été, durant longtemps, une manifestation de solidarité d'une majorité active en direction d'une minorité d'inemployés, ce procédé n'est opératoire que dans un contexte de grande prospérité et de maîtrise du taux de chômage. Est-il d'ailleurs possible, quand vous n'arrivez plus à payer ceux qui travaillent ou à créer de nouveaux emplois, de rémunérer le chômage ' La réponse est évidemment qu'il vaut mieux investir massivement sur la création d'entreprises et d'emplois et de les aider à se pérenniser, plutôt que de pérenniser une dépense qui entretient le chômage et crée une population de chômeurs professionnels. C'est là une solidarité positive de la collectivité nationale envers ceux qui, au lieu de percevoir de l'argent à ne rien faire, se verront investis de la dignité de contribuer à la vie économique et à la prospérité de tous.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M B
Source : www.horizons-dz.com