Les tableaux de Meriem Kazouit font d'abord penser à un jardin d'hiver, cette pièce vitrée où les plantes et les fleurs sont à l'abri du froid.Mais lorsque le regard prend du recul, la vue panoramique de son exposition renvoie plutôt l'image d'un jardin anglais tant les couleurs éclatantes le disputent au pittoresque.
Les amoureux des floralies sur toile sont invités à découvrir cet univers particulier, au niveau de la galerie Didouche- Mourad (établissement Arts et Culture, Alger). La jeune artiste peintre y expose jusqu'au 6 janvier 2012. A l'occasion de ce rendez-vous presque entièrement dédié à la beauté et à la fraîcheur florales, les visiteurs pourront s'enivrer à loisir des charmes de la nature tels qu'étalés par la palette de l'artiste. En tout, 47 tableaux (dont un triptyque et deux dyptiques) ornent les cimaises. Ils ont été réalisés entre l'année 2007 et l'année en cours. Dans cette exposition, les couleurs vives (parfois violentes) prédominent, surtout dans les tableaux en grand format où le style abstrait est maître. Mais l'explosion des couleurs est régulièrement adoucie par la présence d'œuvres éclaircies par les tons pastels et l'option du figuratif. Cette variété, les effets de stylisation qui ajoutent encore à la richesse du travail ainsi présenté soulignent combien Meriem Kazouit pousse à la recherche de qualité que tout art porte en lui. Elle appelle cela «La stylisation florale, ou comment s'opère le passage du réel à l'abstraction». En quelque sorte, elle voyage du figuratif à l'abstrait en effectuant quelques haltes dans le semi-abstrait. Les couleurs fortes ' «Parce que, explique l'artiste, beaucoup de fleurs ont des couleurs éclatantes ou très foncées. D'autres sont plus claires... Les fleurs comme thème de prédilection est un choix personnel, vu leur infinie variété et la richesse chromatique qu'elle peuvent offrir. En même temps, une fleur exprime des nuances différentes au gré de la lumière du jour.» Pour elle, ce monde enchanteur et mystérieux est alors devenu une source d'inspiration sans cesse renouvelée. Un vrai plaisir des sens né d'un coup de foudre. Dans le jardin de l'artiste, il y a une floraison de bouquets, gerbes, guirlandes, massifs fleurs doubles, fleurs en bouton qui s'ouvrent et s'épanouissent... Tournesols à la crinière d'or, géraniums aux couleurs roses, blanches ou rouges rivalisent d'éclat avec les coquelicots rouge vif. Les crocus (safran aux stigmates oranges, les marguerites à cœur jaune et les iris magnifiques en bleu, blanc ou violet composent une autre symphonie avec les capucines aux couleurs jaunes, orangées ou rouges. Parmi toutes ces fleurs, les amaryllis brillent de leur éclat. On le disait, le style abstrait a l'avantage de démultiplier pareil foisonnement, toutes ces gerbes de couleurs. Entre deux floraisons printanières bien protégées par les branches des végétaux, Meriem Kazouit ose sortir quelquefois de son jardin. Elle peint alors une femme triste, une femme voilée, une mère et son enfant... Ou encore elle s'exerce à la calligraphie. A l'exemple de cette femme chaouia ou cette scène de femmes au marché, deux pastels à l'huile réalisés dans le style figuratif (ce qui prouve sa maîtrise du dessin). «Ce sont là autant de haltes qui me permettent de me reposer, de prendre du recul pour mieux retourner à mon jardin», nous dit-elle. De telles «sorties» ont, bien sûr, un prix à payer. «Ces pastels, explique-telle, demandent du temps, de la patience et de la minutie. La principale difficulté est que j'ai tout travaillé à la main. J'ai souffert pour les réaliser.» De même pour les aquarelles (il y en a beaucoup dans son exposition). «Cela fait seulement trois mois que je me suis mise enfin à l'aquarelle. Son avantage est d'être légère, on travaille en prenant son temps. Sauf que, à la différence des autres techniques, on ne peut pas corriger ou refaire le tableau», précise l'artiste. Dans d'autres tableaux, la palette de Meriem Kazouit s'enrichit de techniques mixtes (acrylique, encre de Chine, peinture à l'huile sur toile non préparée...). Le graphisme, la miniature lui permettent aussi de mieux représenter la sarabande des arabesques et la danse des fleurs. Elle qui s'inspire de la beauté de la nature (la campagne, le jardin d'Essai du Hamma) rêve de se rendre dans des jardins où fleurissent iris, capucines et crocus (elle nous confie ne les avoir jamais vus encore). Ce sera peut-être à l'occasion d'une expo en Europe... En attendant, Meriem Kazouit sera présente au Festival méditerranéen de l'art contemporain (Oran, du 28 au 31 mars 2012). En avril, elle exposera à Sétif et Annaba après un passage obligé au Palais de la culture Moufdi-Zakaria à Alger. Des expos dans la perspective, espère-t-elle, de s'inscrire résolument dans l'art contemporain. Car cette jeune artiste peintre reconnaît en toute modestie qu'il lui faut encore travailler beaucoup pour atteindre la maîtrise de son sujet, innover et s'imposer comme plasticienne de renom. Elle a, croyons-nous, le talent et la persévérance pour ce faire. Meriem Kazouit est née le 28 mai 1983 à Béjaïa. Diplômée de l'Ecole des beaux-arts de Sétif en 2009, elle a plusieurs expositions à son actif.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Hocine T
Source : www.lesoirdalgerie.com